Comment qualifier autrement l’état de confusion dans lequel, le
Cameroun est plongé depuis ces dernières semaines, cette fois, autour des
« révélations » et « contre-révélations » relatives à des détournements
présumés dans la Gestion des Fonds Covid-19, impliquant plusieurs
membres du Gouvernement de la République ?

Hélas, ce qui, au début, est apparu comme un sujet faisant les choux gras
de la Presse, appelé à disparaître aussi vite, comme cela arrive souvent, a
commencé à durer, et même, à jouer les prolongations avec :

– Les interpellations insistantes nous parvenant de l’Assemblée
Nationale ;
– La Nouvelle d’un Audit prescrit par le FMI, Argentier de la
Coopération multilatérale, d’où proviendraient ces Fonds
soupçonnés de malversation;
– Le Rapport de la Chambre des Comptes ;
– La Haute Directive de Monsieur le Président de la République par
l’entremise de son Secrétaire Général, à Monsieur le Ministre de la
Justice, de l’ouverture d’une enquête judiciaire «… contre les auteurs,
coauteurs, et complices des cas de malversation financières y révélées … »

Parce que cette « Affaire » concerne des financements publics, des
montants de surcroit fort élevés – même comme nous savons tous que, un
seul franc public est redevable –

Parce que ces ressources étaient allouées pour venir au secours des
camerounais, dans le domaine vital de la santé, domaine des plus sinistré
encore depuis la pandémie du Covid-19,


L’UDC,

1- Exprime, au-delà du regret instinctif qu’impose ce genre de
circonstance, son écœurement et sa gêne face à l’image entretenue
d’un Cameroun qui, certainement bat le record, du nombre élevé
des membres du gouvernement emprisonnés, pendant l’exercice de
leur fonction, pour détournements des deniers publics : c’est du fait
cette « réalité », devenue à notre grand dam courante, régulière,
presque familière, que cette « Affaire » emballe.

Autant donc, il ne sert à rien de vouloir « minimiser » la situation
qui est des plus flagrante, de même, il ne s’agit pas de prêter des
intentions de « guillotineurs » à ceux qui, souvent du fait de
l’absence de sources crédibles de communication, , reçoivent les
informations et les baladent à l’Opinion dans tous les sens.

2- Rappelle, et plus particulièrement aux gestionnaires des deniers
publics au Cameroun que, S.E Monsieur le Président de la
République Paul Biya, dans un discours, suivi d’une invitation
formelle, quelque temps après son investiture il y a près de 40 ans,
sollicitait l’engagement de tous, sur la voie de la Rigueur et la
Moralisation : A l’UDC, Le Dr Adamou Ndam Njoya nous a
toujours fait savoir qu’à l’occasion, il avait envoyé une lettre de
félicitations et d’encouragement au PRC, rassuré que ce dernier
avait aussi fait sienne, pour le bonheur du Cameroun, d’une
préoccupation que lui-même le Dr Adamou Ndam Njoya
partageait, et, pour laquelle, quelques jours seulement avant sa
sortie du Gouvernent de Ahidjo, il avait déposé le Projet sur la table
de ce dernier.

3- S’interroge quant à :

• La pertinence d’un Plan de Riposte Gouvernemental du
COVID-19, de par la multiplication des intervenants
dont les portefeuilles n’ont rien à voir avec le domaine
de la santé, bien qu’il s’agisse d’un secteur transversal.

• L’évaluation à date des résultats, ainsi que les forces et
faiblesses du Système National ainsi mobilisé face au
Covid-19 :


o Ce n’est point le lieu indiqué pour un bilan,
cependant, en appréciant tous les efforts déployés
par le Département Ministériel en charge, par
exemple, pour l’effectivité des points de Tests et
des Vaccins Covid-19, mis à la disposition des
populations, il est resté un aspect essentiel,
d’honneur, relevant du comportement, de
l’éthique , et du respect de la dignité humaine :
cela va du simple Accueil des usagers/malades,
jusqu’à peine, le constat fait de l’arrêt des
battements de leur cœur par le Corps censé avoir
prêté Serment d’ Hippocrate, dans leurs Fora, le
décès de telle ou tel est publié, avec des photos,
des vidéos compromettantes, en violation notoire
des droits humains.

o Il se trouve que « ORCA », bien qu’il était
judicieux d’y avoir pensé, traine une image
désolante de « prison », où les malades, séparés de
leurs proches sont abandonnés par la suite à eux-
mêmes ; sans aucun effort de maintenir la
proximité pourtant vitale entre le patient et les
siens ; « ORCA », où les traitements, restés
onéreux, et très au-dessus du camerounais moyen,
sont administrés à des vitesses variantes, en
fonction des humeurs du jour des officiants…

o Quid du niveau de renforcement des plateaux
techniques dans nos localités à travers le Pays ?

o Quid des politiques de Protection Civile en cas de
contamination aggravée ?


Vous comprenez qu’en considération de tous ces défis à relever, l’Opinion
nationale et Internationale a le « droit » de s’émouvoir, de ce que les
Pouvoirs publics aient pu manquer à leur Mission !

C’est de cela qu’il s’agit : au-delà des considérations financières, les
conséquences sur la santé des camerounais, des mauvaises mesures ou,
celles qui n’auront pas été garanties pour capitaliser la vie humaine.

Et on est vite arrivé à la question de savoir qui est garant, dans un État, de
la bonne implémentation de toutes les politiques dont les bénéficiaires
sont les populations…

Notre réponse sera toujours : les 3 Pouvoirs : Législatif, Exécutif et
Judiciaire…

A condition qu’ils soient véritablement Indépendants et
Complémentaires.

§ D’où vient-il que la CONAC, l’ANIF et autres Institutions visant les
mêmes objectifs, ne soient pas opérationnelles ? Bien qu’ils ont un
budget de fonctionnement prélevé sur les fonds publics ?
Pourquoi les résolutions de leurs rapports sont-elles laissées à
l’appréciation du Président de la République au lieu d’être
applicables ?
Que devient « l’Opération Épervier » ?

§ Qui va mettre en application l’Article 66 de la Constitution ?


§ Comprendre pourquoi, l’UDC l’a défendu de tout temps : en lieu et
place de la Chambre des Comptes, il nous faut, une véritable Cour
des Comptes qui doit connaitre de la Gestion des Comptes !

§ Qui représente le Ministère Public ? Pour le cas de l’espèce, avant
que les Institutions Internationales ne demandent un Audit, parce
surveillant leurs financements, « aucun » de nos Procureurs de la
République n’avait-il rien décelé ?
Pourtant, rien que les rumeurs ou les diatribes des parlementaires,
auraient pu mettre la puce à l’oreille du Ministère Public, qui se
serait « saisi » de la question, pour à son niveau, et selon ses
compétences, rassurer ou non les camerounais, de, s’il y a péril en la
demeure ou non…
Le Parquet attend les Instructions de sa hiérarchie qui est le
Ministère de la Justice qui, lui, relève du l’Exécutif.
Et du côté du Conseil National de la Magistrature, c’est encore le
Chef de l’Exécutif qui en est le « Patron ». Conséquence : le
Ministère Public n’existe que quand l’Exécutif le veut.
Finalement, il ne nous reste que des « braves » fonctionnaires, à qui
nous n’allons pas demander de « compromettre » leur carrière, en
les mettant « dos » à ceux qui les « font » et « défont ».
Est-ce donc, la Justice au Cameroun ?

§ Memo : en 2008, le « coup d’État » constitutionnel a consisté non
seulement en l’élimination de la limitation du mandat présidentiel –
résolution de la Tripartite de 1991- mais aussi, en l’amenuisement
voire l’accaparement du Conseil Constitutionnel à travers la
réduction du mandat de 9 ans non renouvelable, à 6 ans ,
« éventuellement » renouvelable, des 11 membres du Conseil
Constitutionnel, Régulateur du bon fonctionnement des Institutions,
Compétent pour connaitre les conflits d’attribution entre les institutions
de l’État.
Pour mieux le contrôler, l’Exécutif a ramené son mandat en deçà du
sien, qui est de 7 ans « renouvelables »…

Pouvons-nous, nous étonner de « tout » ce qui nous arrive au Cameroun
comme « déréglage » institutionnel ?

Tout semblant orchestré à des fins égoïstes au détriment du Peuple ?

Ainsi que des Institutions mises en hibernation, empêchées d’atteindre les
objectifs justifiant leur existence ? Quel gâchis !

Et dans ce tohu-bohu organisé, le Citoyen camerounais a vite perdu les
repères, car, il ne se « retrouve » pas ; Lui, qui attendait depuis le début de
« l’Affaire », que le Porte-Parole du Gouvernement se prononce, pour
expliquer les faits ; Lui, le Citoyen, ne va évidemment plus comprendre,
la portée d’une Communication gouvernementale qui intervient, après
que « tout » ait été déjà claironné sur la gestion calamiteuse
gouvernementale du Covid-19 : politique et fonds confondus ; les
enquêtes judiciaires engagées ; les médias de toutes sortes relayant tout.

Considérant que :

– Les camerounais ont fini par comprendre qu’il y avait véritablement
un problème de gestion à l’origine du « glissement des dates » de la
CAN 2019 au Cameroun : la Communication Gouvernementale
ainsi que les résultats des Audits et Enquêtes sont attendus à ce sujet
dont les conséquences socio politico-culturelles, économiques et
sportives sont énormes ;

– De même, on ne se souvient pas que les Enquêtes sur les soupçons
de détournement du Don d’Ordinateur du Chef de l’État aient été
communiqués.


En effet, plusieurs exemples « d’Affaires nationales » comme le
dramatique accident du train à Éséka, le 21 Octobre 2016 dont les
Enquêtes, Rapports ou Communication gouvernementale restent en
suspens, peuvent être cités, au détriment du Droit à l’information, dû au
camerounais ;

La Crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dès le début, n’avait-elle,
d’ailleurs, elle aussi, pas connue de même, une espèce de gestion
« exclusive » de l’Exécutif ?

Loin de vouloir « dénigrer » qui que ce soit, car après, c’est nous tous qui
payons les frais,

Il est grand temps d’accepter la nécessité d’une gestion transparente,
mieux, participative du Cameroun, seule voie de sortie de crise et,
condition de prospérité:

Le Cameroun Est Par Nous Tous,
Le Cameroun Est Pour Nous Tous

Au Cœur de l’Éthique, construire ensemble les bases du partage de la vie
Politique, Économique Sociale et Culturelle du Cameroun.

Vendredi le 28 Mai 2021

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