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Présidentielles 2018: Suite Atelier de Formation Des Hauts Responsables politiques Sur les droits civils et politiques et Le Rôle des acteurs en période électorale du 31 Juillet 2018.

MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES,

Hier 31 Juillet 2018, nous avons, le Secrétaire en Charge à l’UDC de l’Education, Formation et Nouvelles Technologies et moi, participé à l’Atelier dont référence est faite en l’Objet, et, à laquelle vous nous avez conviés. Pour avoir bien voulu nous associer à cette initiative, nous réitérons ici, puisque nous l’avions déjà dit en salle, nos remerciements.

Nous ne saurions cependant ne pas revenir sur certains points et faits saillants qui nous ont mis au centre d’une diatribe du Panel, lorsqu’il a fallu qu’il réagisse à la suite des interventions des participants. En effet, vous ne nous avez pas donné la possibilité en salle lors de la séance dite d’ « Echanges avec les Participants » de repartir sur les précisions qui s’imposaient à la suite des  propos invectivant de certains d’entre eux.

DE L’OBJET DE LA RENCONTRE : ATELIER DE « FORMATION » DES HAUTS RESPONSABLES POLITIQUES SUR LES DROITS CIVILS ET POLITIQUES ET LE RÔLE DES ACTEURS EN PÉRIODE ÉLECTORALE

Votre Panel suivant, composé des :

  • Pr Louis Martin NGONO, Maître de Conférences, Enseignant à l’Université de Yaoundé II
  • Yves MANDJEM, Agrégé de Sciences Politiques, Enseignant à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun
  • Pr Claude ABE Maitre de Conférences, Enseignant à l’Université de Douala
  • Monsieur BELLE AMOUGOU, Membre du Conseil Electoral, Expert ELECAM

S’est offusqué vertement et sans le tact qui doit caractériser la démarche pédagogique, de ce que dans la salle, a fusé de la part de plus d’un intervenant, que l’on aurait mieux compris et apprécié que la rencontre se place plutôt dans une optique de partage d’expériences, en vue d’une meilleure participation des acteurs au processus électoral.

Hauts perchés comme ils se sentent manifestement sur leur chaire « d’érudits, intellectuels… », se comparant pour certains à Einstein…, il n’était surtout pas question de leur faire comprendre que les acteurs politiques sur le terrain font face à des expériences qu’il est important de porter à la connaissance de leurs bienveillances savantes, expériences qui parfois défient plusieurs préceptes fort connus, le but de l’exercice étant qu’au bout du compte, l’on ait tous pris conscience des réalités en vue d’obligation de résultats en matière de Droits Civils et politiques en période électorale, pour ce qui, du moins semblait nous avoir regroupé.

Qui veut passer pour un Enseignant, un donneur de leçons, doit adopter une posture autre que celle que vous nous avez servie à l’occasion de cet Atelier. Les apprenants que nous étions sensés être sont en droit d’attendre meilleur discours : distingué, rassembleur, convaincant…meilleur comportement : le Savoir doit s’accompagner d’un Savoir Faire et surtout du Savoir Etre, humble et modeste. C’est la condition pour que l’enseignement soit assimilé, sinon, vous comprenez que nous ne puissions accepter pendant toute une journée, de nous installer pour avaler de façon passive, quand ce ne sont pas de belles théories bafouées devant nos yeux par  ceux qui, petit à petit, ont construit le système en place, ce sont des prises de positions et déclarations provocantes et pernicieuses.

DE LA GOUVERNANCE ELECTORALE AU CAMEROUN.

Quelle objectivité accorder aux « Experts » que vous avez choisis pour éclairer notre lanterne en matière électorale, du moment où, de par leurs fonctions ils se retrouvent dans une position de « juge et partie » ?

Un ancien Directeur Régional d’Elecam qui est passé aujourd’hui Professeur, Maître de Conférences et un membre du Conseil Electoral : ce dernier affirmant en haute et intelligible voix dans la salle et martelant plusieurs fois qu’au Cameroun il n y a pas de bureau de vote dans les Casernes militaires… ?

Veuillez donc trouver en pièces jointes un cas d’installation de Bureaux de vote dans une caserne militaire à Koutaba et les résultats forcés qui reflètent l’objectif visé.

Plusieurs difficultés évoquées altérant le bon déroulement du processus électoral sont restées pendantes.

Nous comprenons bien que ce ne sont pas eux qui viendront adopter un nouveau Code électoral, du moins, ils peuvent y participer : encore faut-il, qu’ils agissent en Citoyens Républicains, Démocrates, et Patriotes,  acceptant de considérer les réelles entraves sur le terrain à l’organisation des élections justes et transparentes, à l’instar de :

  • La gestion au niveau central du fichier électoral. Le souci de transparence et de sécurisation des opérations électorales exige qu’au niveau local, les Antennes qui sont les Démembrements d’Elecam puissent afficher provisoirement et renouveler, la liste de ceux qui y sont inscrits.
  • les membres de la Commission locale ne sont pas tous à jour, quant au fichier des inscrits, la liste réactualisée reste l’apanage du Chef d’Antenne avec le personnel recruté par ELECAM.
  • La Commission locale, Cheville Ouvrière en charge des inscriptions et distribution des Cartes d’Electeurs n’est pas prise en charge par ELECAM.

Cette Commission composée non seulement du personnel recruté par ELECAM, mais aussi  des personnes issues des Administrations locales et Partis politiques, du moment où la Loi mentionne ses attributions, devrait être alignée au même titre qu’un démembrement d’ELECAM et bénéficier d’un statut  conséquent. Au contraire, les membres de la Commission sont laissés à eux et, doivent compter sur leurs propres moyens pour les descentes sur le terrain ! Conséquence, le personnel recruté par ELECAM se retrouve souvent seul avec les Kits  d’inscription : à quoi bon sert-il que la loi ait institué une Commission Mixte, si l’on la sèvre délibérément des moyens  d’ELECAM ?

  • Comment constater les cas de fraudes et d’irrégularités le jour du vote constamment fixé les DIMANCHES si un Huissier de Justice ne peut travailler un jour férié ?
  • Discrimination par Elecam dans son diktat s’agissant de distribution des rôles dans les Bureaux de vote.

Sur le terrain, nous savons tous comment on se retrouve avec une liste des membres du Bureau de vote et le Président décrété.

  • Quid des sources de financements lors des élections ?
  • De l’utilisation équitable des espaces publics lors de la Campagne ? Et en dehors de la Campagne par les Partis politiques…
  • De la mise à la disposition des Médias publics lors des Elections ? Depuis combien de temps la CRTV et Cameroon Tribune, pour ne citer que ceux-là, sont en Campagne  pour le Parti au Pouvoir ?
  • Quid du temps de parole attribué aux candidats ? L’UDC a protesté pendant une année en boycottant l’Emission « Expression des Partis Politiques » diffusée par la CRTV. Le traitement que subissent les Partis politiques de l’Opposition relève d’une imposture surréelle  dans une République.
  • Quid de l’utilisation des moyens de l’Etat : personnel, véhicule pour battre campagne du candidat au pouvoir ?

DE L’INDEPENDANCE DE ELECAM.

En tant que Député, lorsqu’il nous est arrivé interpeller Elecam sur certains faits se trouvant sous sa responsabilité sur le terrain, il nous est apparu clairement que tant que cette Institution sera au Parlement sous couvert du Premier Ministre ou du Ministre de l’Administration Territoriale, on ne saurait croire en son indépendance.

Le Gouvernement a plusieurs fois été interpellé sur :

  • Le Bicéphalisme institué par les textes réglementaires qui dotent le Directeur Général nommé de plus de pouvoir que les Membres du Conseil Electoral assermentés. D’où la succession de crises observées depuis lors entre les deux organes de la même institution.
  • L’âge électoral qui doit revenir à 18 ans et la délivrance de la Carte d’électeur automatique à tout Camerounais ayant atteint cet âge. Ce qui suppose bien entendu un sérieux en matière de la tenue de l’Etat civil (Acte de Naissance, CNI…Acte de décès…) de l’adressage (pour diriger les cartes électorales), du Recensement régulier des populations. Le dernier recensement au Cameroun ayant eu lieu en 2005 !
  • Pourquoi le Procès-Verbal seul du Président du Bureau de Vote fait foi alors qu’il est question d’une sorte de collégialité dans le Bureau de vote ? N’est-il pas question de créer les conditions de transparence  et de sécurisation ?
  • La biométrie s’arrêtant à l’inscription, rien ne prouve qu’au moment du vote, c’est le détenteur de la Carte qui vote.
  • Le Bulletin unique serait plus approprié et moins coûteux pour le Trésor Public pour faire barrage à l’achat des bulletins de l’Adversaire au sortir du Bureau de Vote ; opération devenue une culture, face à la paupérisation ambiante et entretenue.
  • Quid du trop-plein des cartes qui restent sans preneurs dans les Bureaux de vote, car ayant été délivrées tardivement, en même temps que les listes sont aussi affichées tardivement : Bonjour les bourrages !

NOMBREUX CAS DE FRAUDES ACTUELS :

Qui s’en occupe ?

  • Dans notre circonscription, ces derniers temps, nous avons des cas flagrants des groupes d’élèves qui détiennent chacun au moins deux cartes d’électeurs…qui témoignent à cœur ouvert, et en même temps sous cape, qu’ils ont pour mission de voter plusieurs fois….
  • Récemment, a été démasqué un cas de descente frauduleuse des Kits d’inscription par ELECAM dans un point de rencontre où avaient été transportées en Charter près de 200 personnes pour s’inscrire…

DE L’URGENCE DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION ET DU CODE ELECTORAL

C’est pour apporter des solutions à tous ces problèmes qui empêchent le libre vote, que la majorité réelle des camerounais demandent depuis des années que nos lois soient révisées.

  • La limitation du Mandat Présidentiel
  • Le Scrutin majoritaire à deux tours pour les présidentielles
  • Interdiction de cumul des fonctions de Chef de l’Etat et Président de Parti politique
  • Un Premier Ministre élu, responsable du Gouvernement devant le Parlement
  • Des Sénateurs représentant les Départements et tous élus
  • Création des circonscriptions électorales voire administratives là où il est évident qu’il y a un nombre de population requis…etc.
  • La représentation de la Diaspora au Parlement ou dans les Communes à travers les élections
  • La fin de la discrimination des partis politiques qui n’appartiennent pas à la majorité dans nos représentations diplomatiques : un Ambassadeur qui n’obtiendrait pas la victoire du Parti au Pouvoir serait relevé de ses fonctions…

La République et la Démocratie étant la chose Publique, le Pouvoir au Peuple, le Peuple devrait participer à l’initiative des lois. Dans notre Parlement 100% de lois sont d’origine Gouvernementale. Le Gouvernement jusqu’ici, s’est préoccupé des Lois qui confortent son pouvoir, pas celles qui apportent des solutions aux problèmes des populations. L’on comprend qu’on continue avec la politique de l’Autruche, en convoquant le corps électoral dans un contexte de crise nationale, sans dialogue, sans concertation qui auront débouché incontestablement sur la Révision de la loi fondamentale.

QUID DE L’ACTION DE LA CNDHL ?

Je le redis ici, il y a une urgence de par votre rôle, de vous impliquer davantage en vue d’un véritable  enracinement et prise de conscience que les droits civils et politiques obligent. Leur respect doit, plus particulièrement en période électorale, faire l’objet de plus d’attention de la part des institutions en charge, encore plus la CNDHL.

Vous n’avez pas répondu à une question essentielle que vous a posé un participant en salle : lors de la Présentation  de votre action, il a été dit que vous recevez plusieurs cas de plaintes où les autorités administratives sont incriminées : alors, qu’est-ce que vous avez fait dans ces cas pour la promotion des droits civils et politiques des personnes ou Institutions victimes ? Quel aura été le sort réservé à ces nombreuses autorités administratives qui abusent de leur position ?

Nous avions saisi en son temps, votre Commission pour le cas flagrant de violation de domicile et mort d’homme le 21 décembre 2006 à Foumban sous l’instigation d’un Préfet avec ses complices, jusqu’ici, nous n’avons reçu aucune réaction ; de même le 1er Janvier 2013, à Foumban toujours, dans les conditions prescrites par la loi, un défilé culturel de personnes encadrées par les élus a été attaqué, encore, sous l’instigation d’un Sous-préfet et ses complices, faisant de nombreux dégâts, 2  conseillers municipaux ont été écroués pendant près d’un an en prison sans avoir été jugés, la CNDHL n’a pas cru faire valoir le respect de sa noble mission. Nous nous arrêtons à ces deux cas pour le moment.

Nous savons tous par quelles dispositions et mécanismes juridiques votre institution est encadrée, que, pendant longtemps, votre reconnaissance au niveau International par vos Pairs a été une difficulté pour les raisons qui sont connues : agir en Citoyen Patriote Démocrate et Républicain pour la construction du Cameroun vous oblige.

Monsieur le Vice-Président de la CNDHL le Pr James MOUANGUE KOBILA qui présidait l’Atelier hier, n’aura pas été judicieux dans la répartition du temps de parole. En effet, au cours des interventions et pendant les débats,  il a donné la part belle au Panel ; en plus du temps mis pour les exposés, ce dernier a encore eu tout le temps pour lui-même, au lieu de prendre connaissance et d’accuser réception de ce que les « Hauts Responsables Politiques » tentaient de lui passer comme message, relevant de leurs diverses expériences de terrain. Le Panel est resté campé sur sa position, en déni de toute la déontologie relative à l’Enseignement ! On ne cessera de le ressasser….

Pr MOUANGUE KOBILA, je me dois de revenir sur vos déclarations concernant :

  • Le Contentieux Electoral.

Vous vous êtes, selon vos dires, appesantis sur la question et les cas : …des fois, le juge donne tort au Parti au Pouvoir, des fois, il donne tort au Parti de l’Opposition. Des fois le Juge se trompe. Sur 99% des Cas, le Juge dit le Droit… Enfin le juge ne peut faire que ce qui est possible…

Les questions que je vous aurais posées sont les suivantes :

…Sur 99% des Cas, le Juge dit le Droit…Quel Droit ? Le droit issu des lois taillées sur mesure par la soi disante majorité pour se maintenir au Pouvoir ? Le respect des Droits civils et politiques vous oblige à vous engager dans le plaidoyer pour des lois conformes à ce souci.

…Des fois, le juge donne tort au Parti au Pouvoir, des fois, il donne tort au Parti de l’Opposition.

Toutes les parties doivent être égales devant la loi et répondre  des faits qui leurs sont reprochés. Il ne s’agit pas de répartition des points ou des torts en fonction de ce qu’on est au Pouvoir ou non. Les seuls intérêts à considérer sont la préservation de la Justice Sociale.

ENFIN, COMBIEN DE CAS Y A-T-IL EU DE CONTENTIEUX ELECTORAL DEPUIS LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES, PAR EXEMPLE DEPUIS LES ANNEES 92 ?

JE REPRÉCISE MA QUESTION : DANS COMBIEN DE CAS EST-ON ENTRE DANS LE FOND ?

Hélas, plusieurs centaines de recours ont été rejetés sur la forme : le rôle de la Promotion des droits civils et politiques est d’accompagner les requérants  dans le processus de réparation du tort causé, des droits civils et politiques bafoués. Il est important de souligner ici que depuis qu’il est prévu par la Constitution de 1996, c’est tout récemment en 2017 que le Conseil Constitutionnel, organe clé devant veiller à la régularité des élections présidentielles et législatives, a véritablement été mis sur pied !

La plus spectaculaire de vos déclarations aura été celle où vous avez dit avoir fait des recherches sur l’ALTERNANCE et que, contrairement à ce qu’un participant soutenait, vous êtes arrivé à la conclusion que l’ALTERNANCE NE FAIT PAS PARTIE DE LA DEFINITION DE LA DEMOCRATIE !

Non seulement vous avez remis en cause la leçon inaugurale que le Maitre de Conférences nous avait dispensée plus tôt, affirmant les 3 éléments de la Démocratie :

PARTICIPATION DU PEUPLE/PLURALISME/ALTERNANCE…

Je suis en droit de me demander comme certainement c’était le cas de plusieurs participants : quels sont vos mobiles ?

Faire un lavage de cerveau en ce moment où les élections présidentielles sont lancées et où on a un Candidat qui est Président de la République depuis 1982 ?

Est-ce un souci personnel de rassurer le système en place à qui vous devez votre poste ? Et nous replongeons dans le gouffre où nous tire ce système qui ne reconnait les compétences de ses fils et filles que quand ces derniers ont adhéré à son courant politique ? Et quid du Pluralisme ?

C’est vrai qu’en réalité dans notre cher et beau pays, vous avez beau avoir les qualifications professionnelles qu’il faut pour un Poste : hélas, c’est le critère de « griotisme » qui va finir par être le plus déterminant. Résultat : on se retrouve dans un Pays où les intellectuels sont et acceptent d’être piégés.

CRISE DU NORD OUEST ET DU SUD OUEST.

Dans la lecture du Communiqué final, nous avons noté la Résolution qui invite ELECAM à s’assurer du bon déroulement des élections dans le NORD OUEST et le SUD OUEST!

Comment raisonnablement confier cette responsabilité à ELECAM ?

Avez-vous en amont pensé aux droits civils et politiques de toutes les populations déplacées dans cette partie du territoire ?

L’un des Experts du Panel a dit que les régions du NORD OUEST et du SUD OUEST ne sont pas les seules à être en crise…

Est-ce à dire que l’appréciation que vous nous invitez à avoir au sortir de l’Atelier est que la Crise du NORD OUEST et du SUD OUEST est une crise comme les autres, comme celles auxquelles nous sommes confrontés à l’Est ou au Septentrion ?

VIOLENCES PHYSIQUES V/S VIOLENCES  SYMBOLIQUES.

Seules les violences physiques sont proscrites  dans la bataille, la lutte pour la conquête du pouvoir…soutenait le Panel…Panel qui a évidemment eu du mal à faire la différence entre les violences non physiques : psychologiques, voire les brimades et tortures morales dont font montre ceux qui sont au pouvoir à l’endroit de ceux qui aspirent à les remplacer… C’est lors d’un Atelier de Formation organisé par la CNDHL que nous réalisons que ce mode opératoire est donc permis…

D’où son usage généralisé au Cameroun…

Je vous fais fi ici de tout ce dont nous sommes témoins ou victimes en guise de « punition », pour avoir choisi de ramer à contre-courant, pour avoir opté pour  un autre son de cloche…

A l’UDC, nous apprenons que non seulement le Pouvoir a pour but de rendre les populations heureuses et vertueuses, mais aussi et surtout que la conquête du pouvoir doit se faire dans le respect des principes et valeurs éthiques, morales, pour une Transition Pacifique, une Alternance Démocratique, pour la Mobilisation de ses populations comme Partenaires Parties Prenantes.

Bien plus, à l’UDC, la Politique se fait dans la joie : en dansant et en chantant…

Donc Monsieur le Professeur Louis Martin NGONO, vous qui avez cru que mes propos étaient teints d’aigreur…

…Des fois, et je précise que je ne suis peut-être  pas tout aussi Erudit que vous, des fois, il m’arrive de me concentrer un peu, de lire…

…J’ai lu dans le Monde du 21 Juillet dernier un Article qui m’a intéressé et qui peut expliquer ce jugement hâtif de votre Part.

L’Article écrit par le Philosophe Frédéric Gros, faisait référence à une leçon donnée par Michel Foucault au Collège de France en 1984.

LE COURAGE DE LA VERITE.

LE TOUT DIRE SANS RETENUE HYPOCRITE !

En résumé, les  4 visages du Courage de la Vérité sont :

  • Le courage démocratique de la vérité, le dire – vrai qui bouscule l’opinion de la majorité confortablement installée, et qui est nécessairement dérangeante,
  • La parrêsia éthique de Socrate : alors que Périclès s’adresse à la Communauté réunie en Assemblée, Parrêsia politique, Socrate dialogue dans les rue d’Athènes avec les citoyens. Il est question d’interroger l’harmonie que chacun établit entre ses discours et ses actes…Le souci de soi. Une discipline non pas dans le sens de normalisation, mais une discipline qui consiste à nourrir sa propre existence avec ses propres valeurs.
  • La troisième figure du courage de la vérité est celle des cyniques. Ceux qui dénoncent les conventions idiotes et les hypocrisies sociales. Souvent radicaux, les cyniques provoquent en dénonçant. Il arrive qu’ils soient si marginaux qu’on les traite de « fous ». Ils ne veulent rien défendre : ni position, ni statut ni bien…c’est un choix d’existence caractérisé par une liberté absolue.
  • La 4ème figure du courage de la vérité est celle de Kant. L’autonomie. Penser par soi-même sans aligner ses opinions sur celles d’un livre ou d’une autorité.

Il ressort de cet article que le contraire de la vérité n’est pas toujours l’erreur ou le mensonge et c’est de Nietzsche, c’est la doxa, l’opinion commune : pour aller contre l’opinion commune, il faut du courage.

C’est ainsi que mon collègue et moi, parce que nous avons eu le courage d’aller contre votre conformisme intellectuel, vous avez tous sortis vos griffes, oubliant le rôle qui était sensé être le vôtre…La nature est revenue au galop !

Enfin, autre fait marquant à retenir dans cette leçon de Michel Foucault,  le vrai contraire de la démocratie n’est pas la tyrannie, mais la DEMAGOGIE.

Le 25 Juillet, avec mon Collègue Député qui traduisait en Bamoun, nous avons partagé cette lecture à l’occasion du Doua, comprenez Funérailles d’un chef de famille, une notabilité au Village de MATOUFA à MASSANGAM. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes, élus, populations, leaders religieux, chefs traditionnels,  hommes femmes, jeunes, politiques, agriculteurs, hommes d’affaires, étudiants…Ce genre d’échanges sur des thèmes forts, mobilisateurs font partie de nos missions permanentes d’information et éducation des populations. Voyez-vous, au-delà d’entretenir nos populations, nous avons créé des espaces démocratiques et républicains…

Pour revenir à ce qui selon vous, fait problème dans notre contexte politique actuel, à savoir et je vous reprends, … la non professionnalisation des Partis politiques, leur incapacité à éduquer les populations militantes, à mobiliser…etc. Vos lunettes d’analystes ne semblent pas vous permettre d’établir que, si depuis 1984 un Parti Politique domine la scène, l’emporte sur tous les scrutins en raz de marée, contrôle toutes les institutions de l’Etat…N’est-ce pas logique que la responsabilité de l’éducation des masses – qui lui permettent de rester au hit parade sans jamais décrocher -…devait lui incomber à titre principal ? D’où vient encore qu’il faut incriminer ceux des Partis politiques qui ne sont même pas de véritables Partis politiques ? Comprenez-vous alors la direction que doivent prendre les Républicains et Démocrates soucieux de rétablir la majorité réelle, pour que l’emporte le véritable jeu démocratique indispensable pour la construction du Pays sur les bases pérennes ?

LES FEMMES  DANS LE PROCESSUS ELECTORAL.

Nous ne le dirons jamais assez, la Constitution du Cameroun qui protège les femmes   n’est pas traduite dans les faits tant qu’un Code de la Famille n’est pas adopté, tant que des lois contre les violences sexistes et domestiques ne sont pas adoptées. Les femmes demeurent sous l’emprise du joug des préjugés socioculturels, elles sont victimes de plusieurs entraves à leurs pieds.

QUID DES PERSONNES A MOBILITE  REDUITE ?

Nous avons appris que 15 Bureaux de vote sur l’ensemble de plus de 23 mille au Cameroun ont été aménagés pour permettre l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Les lois qui sont adoptées relatives à la culture d’une conscience nationale de prise en compte de leur spécificité : les voies d’accès, leur insertion au sein des Institutions…restent lettre morte.

La promotion des droits civils et politiques nécessite de prendre en compte les conditions et qualité de vie des populations : la santé, l’éducation, l’habitation, les routes, les loisirs…

Evidemment, maintenus dans la misère, un père ou une mère de famille, focalisés sur le cycle infernal et « terre à terre » de  mettre la famille à l’abri, dans un contexte délétère ou personne n’a cure de l’intérêt général et du sentiment national,  où c’est la course effrénée à l’accaparement du Pouvoir, pour le Pouvoir pour soi et ses proches, en violation du Contrat Social…Cette femme, cet homme aura-t-il, aura-t-elle les moyens de penser à autre chose ? Ce jeune homme, cette jeune fille camerounaise, sur quel sentier balisé par les aînés que nous sommes, avanceront-ils ?

Les actions préventives seraient de veiller à ce que les pourfendeurs ou corrupteurs des droits civils et politiques soient sanctionnés. La grande impunité ambiante a été décriée par plus d’un, lors de l’Atelier.

Dans ces conditions seulement, et je pense que Monsieur le Vice-président et Messieurs les membres du Panel sans aucun doute seront d’accord avec moi, le perdant après un scrutin sera à mesure d’accepter d’avoir perdu  en reconnaissant la victoire de l’Adversaire. Je vous remercie pour votre attention.

Hon. TOMAINO NDAM NJOYA

Hermine Patricia

 

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