Réaction de l’UDC par rapport à l’augmentation des prix du carburant et du gaz domestique

DÉCLARATION DE L’UNION DÉMOCRATIQUE DU CAMEROUN SUR LES MESURES GOUVERNEMENTALES D’AUGMENTATION DES PRIX DU CARBURANT ET DU GAZ DOMESTIQUE

Alors que venaient de prendre fin avec succès les 14èmes Assises des Journées Républicaines des Réflexions et d’Echanges tenues au siège de l’UDC à Yaoundé, les camerounais apprenaient à la fin du journal parlé de 20 heures au Poste National le lundi 30 juin 2014, que le Gouvernement venait de décider d’augmenter les prix des carburants et du gaz domestique avec effet le 1er juillet 2014.

Cette décision ne pouvait pas nous surprendre. En nous référant à la Déclaration de l’UDC face au Projet d’Augmentation du Prix des Carburants en Mars 2013, il est important de revenir sur cette Déclaration (Voir jointe ci-dessous) qui donnaient des indications sur des pistes d’action à conduire, pour éviter la situation désagréable dans laquelle les mesures gouvernementales plongent les camerounais. Tout ceci, parce que il y a ce manque de Concertation, d’Etudes et d’Analyses Suivies, conduisant à des mesures adéquates entraînant l’adhésion des citoyens.

Sur la base de cette décision, le prix du super augmente de 81 FCFA le litre en passant de 569 à 650 FCFA ; celui du gasoil augmente de 80FCFA en passant de 520 à 600FCFA, et le prix du gaz domestique augmente de 500 FCFA en passant de 6000 à 6500 FCFA.

Tout en tentant de justifier cette décision par la pression budgétaire des subventions de l’Etat qui seraient devenues insupportables, et le souci d’augmenter son pouvoir d’action en matière de redistribution dans les secteurs sociaux plus porteurs de croissance économique, le Gouvernement pense trouver des mesures d’accompagnement dans la réduction à 50% de l’impôt libératoire, de la taxe de stationnement et de la taxe à l’essieu, et une promesse d’amélioration des salaires des agents publics.

Pour l’Union Démocratique du Cameroun, au regard de la structure actuelle de notre économie, il est clair que cette décision et les mesures annoncées, entraineront sur l’économie nationale, une inflation généralisée et incontrôlable avec pour conséquence le renchérissement de la vie dans un contexte où le Gouvernement s’est dit plutôt engagé à lutter contre la vie chère.

Pour la sauvegarde de la paix sociale et la sérénité nationale nécessaires pour la production nationale et l’accélération de la croissance, l’urgence et la priorité de l’heure, militent en faveur du maintien de la subvention du prix des produits pétroliers et l’augmentation des salaires dont la non prise en compte dans le budget en cours lors de son vote en décembre 2013,dénotait un manquement à la prise en compte des problèmes réels et des préoccupations des populations.

L’UDC soutient que face à la pression budgétaire, la solution socialement juste et économiquement efficace consiste en la réduction non seulement de la taille du gouvernement, mais aussi de nombreuses dépenses de luxe que le gouvernement continue à entretenir indifféremment à la misère rampante des ménages qui seront les seules à subir les néfastes effets de la fatale décision du 30 juin 2014.

En imposant au peuple, par une décision aux conséquences économiquement et socialement redoutable, en faisant une annonce imprécise d’augmentation des salaires qui aurait logiquement précédé l’aggravation des charges des ménages qui est par contre entrée immédiatement en vigueur, le Gouvernement se prête à un jeu aux conséquences redoutables.

Ceci nous conduit à relever avec insistance un certain nombre de réalités qu’il faut comprendre dans la problématique de la subvention des prix des hydrocarbures pour trouver des solutions aux problèmes qui se posent pour l’épanouissement des camerounais :

1-Prétexter que l’argent des subventions peut servir à financer des projets sociaux est une simple vue de l’esprit dans la mesure où il ne s’agit pas de l’argent frais que l’Etat injecte dans le circuit des hydrocarbures pour “soutenir” les prix à la pompe, mais plutôt une espèce de péréquation qu’il opère sur les différentes structures de prix, qui ont des composantes fiscales importantes.

2-Alléguer que la mesure va soulager les couches défavorisées du fait de l’augmentation des salaires et notamment du SMIG est inexact, d’autant plus que les citoyens haut placés continueront de bénéficier des bons de carburant gratuits. On assiste au contraire de ce qui devait être fait, à savoir, la mesure découlant d’une augmentation des revenus, avec toute la clarté sur les éléments d’appréciation des incidences sur le Pouvoir d’Achat.

3-Tant qu’une solution efficiente et définitive ne sera pas apportée à la problématique du raffinage de notre pétrole, toutes les autres réponses ne s’inscriront que dans le registre du Colmatage….Sinon, comment comprendre que depuis plusieurs décennies, on nous informe sans que cela n’émeuve personne que le Pétrole camerounais est vendu brut à l’Etranger parce que les installations de la SONARA sont inappropriées pour le faire, et que le Pétrole consommé localement est importé de l’Etranger et raffiné par la Sonara, du coup il ne faut pas être Expert pour déduire que cette situation nous rend tributaire des “Caprices” du marché international.

Par conséquent, et par souci d’une gouvernance humaine et de maintien de la paix sociale, l’Union Démocratique du Cameroun :

1. Demande au Président de la République, garant de la paix et de sécurité nationales, d’annuler la décision prise par le Gouvernement dans la nuit du 30 juin 2014 pour l’augmentation des prix des carburants et du gaz domestique.

2. D’intégrer dans la préparation du budget 2015, les mesures sérieuses visant à la fois la réduction des dépenses improductives de l’Etat, la taille du Gouvernement et le rétablissement des salaires des agents publics, au moins, à leur niveau d’avant la réduction de 1987.

3. De traduire dans les faits, les résultats de toutes les formes de concertations paritaires avec le secteur privé pour des conditions idoines d’une amélioration des salaires des employés travaillant dans ce secteur ;

4. D’engager une véritable réflexion nationale, en incluant la valorisation des ressources humaines nationales, pour une véritable restructuration de notre économie dans la perspective de réduire son extraversion et d’améliorer sa compétitive.

5. De revoir notre système d’éducation pour l’acquisition du Savoir, c’est-à-dire de la Connaissance, du Savoir Faire, c’est-à-dire du Professionnalisme, et du Savoir Etre, c’est-à-dire du Comportement Ethique. Ceci est valable pour tous les acteurs, toutes les actrices ainsi que de toutes les institutions à tous les niveaux, dans tous les secteurs de la vie, parce que créant les conditions de mobilisation citoyenne et républicaine.

Fait à Yaoundé, le 01 Juillet 2014.

Le Président National
DR ADAMOU NDAM NJOYA

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