LES EVENEMENTS DE BAMENDA ET DE BUEA NOUS INTERPELLANT PROFONDEMENT DANS NOTRE CHAIR ET NOTRE ESPRIT

LES ÉVÉNEMENTS DE BAMENDA ET DE BUEA NOUS INTERPELLANT PROFONDÉMENT DANS NOTRE CHAIR ET NOTRE ESPRIT REVISITONS POUR LEUR ÉPANOUISSEMENT L’IDEE DE LA NATION ET LES VOIES DES CONCERTATIONS ET D’ACTION POUR L’UNITE ET L’HARMONIE  TRACÉES ET LAISSÉES EN HÉRITAGES ET ÉCLAIRAGES  PAR LES PÈRES FONDATEURS  RÉUNIS A FOUMBAN EN JUILLET 1961. 

 

CE QUE NOUS DEVONS SAVOIR

ET

CE QUE NOUS DEVONS FAIRE 

A Foumban ont été fixés non seulement les fondements de l’Etat Républicain et Démocrate du Cameroun mais aussi les voies d’approches démocratiques de concertations et de dialogues partage pour la mobilisation de tous les citoyens et de toutes les citoyennes comme partenaires parties prenantes en vue d’œuvrer dans la solidarité et la fraternité en vrais et dignes fils et filles apportant les riches diversités et les fines fibres intellectuelles, spirituelles et d’énergie pour le développement humanisant durable, l’épanouissement de chaque personne et de tout le monde. Et l’affirmation du Cameroun comme République des Droits Humains.

Un Déficit profond de dialogue et de concertations suivies sur le terrain entre les autorités administratives et les populations

Loin des leçons de Foumban 1961

Nous avons ressenti beaucoup de douleurs, de tristesse en voyant des citoyens tomber sous les balles, être pourchassés, molestés comme ces jeunes étudiantes et étudiants traînés dans la boue alors qu’ils voulaient s’exprimer démocratiquement à travers des manifestations qui sont des formes par excellence d’expression en démocratie, ou aussi ces populations affrontant les forces de l’ordre parce qu’elles n’en pouvaient plus face à l’affirmation arrogante de la force comme support de l’autorité. Nous en sommes arrivés à tout ceci suite à l’absence initiale de dialogue avec la gravité créée par l’échec quand bien même il sera amorcé. En toute chose il faut qu’il y ait une atmosphère propice préexistant et non créée face au problème qui, dans le cas d’espèce était celui de la réponse aux préoccupations et aux revendications ayant amené les Avocats, les Enseignants, les Etudiants à déclencher des mouvements de grèves et à des manifestations auxquelles vont se joindre les populations.

L’intervention des autorités politiques, à la rescousse des autorités administratives qui n’avaient pas pu empêcher que les situations s’enveniment, n’a pas réussi à maîtriser les situations. En effet, la rencontre avec les acteurs des mouvements revendicatifs que sont les Avocats, les Enseignants, les Etudiants, ne calmera pas les  manifestations pour des revendications qui, normales et gérables dans le contexte de vie démocratique épanouie et de culture de dialogue républicain, ne devraient pas dégénérer et connaître une escalade conduisant à des extrêmes et des véritables soulèvements incontrôlables, entraînant malheureusement des confrontations violentes traumatisantes et meurtrières que notre pays a connu à Bamenda et à Buea.

RECONNAÎTRE LES FAITS MALHEUREUX ET EN RESPONSABLES REPUBLICAINS REMONTER AUX CAUSES POUR GUERRIR ET PRÉVENIR.

Face aux réalités des confrontations ayant pour conséquences des victimes, c’est en responsables citoyens républicains patriotes démocrates que, désormais, nous devons, sans passion aveugle, chercher à comprendre et reconnaître les facteurs, les motivations profondes des malaises qui sont à l’origine lointaine des événements qui touchent et interpellent tous les Camerounais ainsi que les amis et les partenaires du Cameroun.

Ainsi, tout en élevant nos prières à Dieu pour l’accueil des victimes dans sa miséricorde, en adressant nos condoléances à leurs parents et nos pensées à ceux et celles qui, sur le terrain ou de loin, sont blessés ou traumatisés, nous devons, face aux divisions, aux haines et aux cicatrices que cela entraîne, nous réveiller et éveiller nos consciences ; ceci pour que ne soit pas  compromise et remise en question la grande et noble idée de la Nation héritée de ceux qui, en Pères Fondateurs nous ont montré la voie pour la construction et la consolidation de l’unité nationale à travers les actions concertées, réfléchies, oui des constructions que, mobilisées, les populations doivent mener avec foi et amour, portées par l’éthique, les valeurs humaines comme fondements, dynamiques et éclairages.

EN CITOYENS AYANT LE CŒUR ET L’ÂME PATRIOTES S’INSCRIRE DANS LA PÉRENNITÉ.

Il est clair pour tout citoyen, toute citoyenne, ayant le cœur et l’âme patriotes, que la tournure prise par les événements dans le Nord Ouest et le Sud Ouest vient pour nous réveiller, que la rapidité avec laquelle tout s’est mû, avec la participation des populations de toutes les couches sociales, en revendications profondes sur la forme de l’Etat, est une profonde interpellation pour chaque camerounais, chaque camerounaise. On ne doit pas les évacuer et on ne peut pas passer sous silence, ignorer les vagues de fond qui se forment, le volcan qui couve. Les événements de Bamenda et de Buea, les déchaînements des violences mortelles et traumatisantes avec le lot des  revendications veulent que fils et filles dignes de notre pays,  en âme et conscience nous y répondons en nous mobilisant portés par les visions innovatrices et des actions de constructions positives nous inscrivant avec notre pays et les amis et partenaires du Cameroun dans la durée, dans la pérennité.

Au moment où, dans le contexte mondial et plus particulièrement dans notre pays, nous avons à faire face à des extrémistes qui tuent des citoyens et où des accidents tuent tout comme des catastrophes naturelles qui sont imprévisibles dans leurs conséquences, il est un impératif : tout faire pour que des citoyens ne tombent pas sous les balles de ceux qui sont là pour les protéger, assurer la sécurité des populations, faire face à toutes les formes d’agression, éliminer tout ce qui peut, conduisant aux doutes, à la perte de confiance, aux traumatismes, participer ainsi à la réduction des capacités de création, d’imagination, d’initiative, d’innovation dans notre pays ; ceci alors que l’on a le plus grand besoin face aux grandes compétitions pour s’affirmer en apportant, pour la qualité de vie de chaque personne et de tout le monde, pour la paix, la justice, la dignité humaine,  les produits des génies nationaux, sur le plateau commun de notre grand village qu’est désormais le monde.

LA NÉCESSITE DE LA CULTURE DU DIALOGUE, DE L’EDUCATION, POUR LA RECHERCHE PERMANENTE DU CONSENSUS.

Pour y arriver , il faut comprendre qu’il faut toute une culture, toute une éducation permanente pour que soient ancrés en nous ce que l’on néglige, ignore, voire rejette : l’éthique, les valeurs humaines comme fondements et éclairages de nos actes, de nos entreprises, de nos idées, de nos pensées aboutissant à des réalisations pour le bien commun à commencer par la paix qui veut que l’on se parle, échange et respecte la parole donnée, le consensus atteint, les lois…

Aurions –nous abouti aux grèves et des Avocats et des enseignants et des étudiants si cette culture de dialogue, de partage était ancrée en nous. Il y a là la meilleure voie de prévention. En effet les gouvernants, les administrateurs, sur le terrain, armés de cette culture, par cette éducation, pouvaient voir  venir  ou n’ayant pas pu voir venir, auraient pu saisir et étudier les revendications présentées avant les grèves et les manifestations afin de dégager des éléments forts de solution pour aider le pouvoir politique à trouver la réponse ou à construire la solution par les négociations avec les intéressés.

SE LIBERER DE L’EMPRISE DE LA CULTURE DE LA FORCE COMME FONDEMENT DES ASSISES DE L’AUTORITE DE L’ETAT.

Cette situation nous amène à sortir de l’emprise de la culture de la force comme voie privilégiée pour asseoir l’autorité de l’Etat.

Ainsi aux différents niveaux de l’échelle des valeurs administratives, les responsables s’emploieront davantage avec sérénité et célérité à traiter les dossiers, les questions qui sont posées par les populations que ce soit individuellement ou collectivement et, quelles que soient les questions qui se posent.

A titre indicatif, les enseignants qui se sont retrouvés dans la rue avaient abouti au début de l’année, grâce aux négociations  avec les autorités gouvernementales, à des résultats qui devaient conduire à la prise des mesures améliorant leur cadre de travail avant la rentrée scolaire de l’année 2016-2017. Mais ces solutions sont restées lettre morte au dire de certains officiels  gouvernementaux à cause des lenteurs administratives. Ce qui se vit, s’agissant des Enseignants, se retrouve dans bien de domaines et des secteurs d’activité de notre pays

Le Chef de l’Etat n’a de cesse de parler des inerties ! Ici nous réalisons quelles peuvent être les Conséquences et que, surtout ces paroles qui sont des invitations à changer de comportements, ne sont pas prises au sérieux. Dans d’autres domaines et secteurs d’activités dans la vie nationale  nous pouvons relever ces inerties qui sont des bombes à retardement

Le mal vient des lenteurs administratives, des inerties, parce que les fondamentaux de l’Etat qui invitent à toujours plus de responsabilité, de célérité, du savoir, savoir faire et savoir être pour être et agir ensemble sont ignorés. On est sous la protection de tel chef qui a présidé à la nomination oubliant de faire ce qui doit être fait et, de ce fait, participant ainsi à scier la branche qui vous porte avec le Chef. A force de scier les branches on tue l’arbre disant ainsi adieu aux fruits à consommer, vendre et aux semences

TRANSPARENCE ET CÉLÉRITÉ DANS LE CONTEXTE TECHNOLOGIQUE MONDIAL D’AUJOURD’HUI.

La connaissance des fondamentaux et le contexte de notre civilisation mondiale des technologies de communication obligent à la transparence, à traiter toute question avec sincérité et célérité, à dialoguer sans évacuer des points  car faire ainsi c’est retarder le mal et nourrir les sources des conflits et des violences et préparer l’éruption du volcan.

Pour des raisons et des considérations évoquées plus haut du fait des insuffisances des actions administratives des représentants du gouvernement sur le terrain, le Premier Ministre sera dépêché pour éteindre le feu sans les moyens ou incapables d’en construire à partir des éléments rassemblés sur le terrain. Dire que les manifestants ne doivent pas parler des questions politiques parce qu’ils ont un métier d’avocat c’est méconnaître le droit de tout citoyen ; plus que cela c’est ignorer toute la littérature sur la question et les choix  successifs dans la construction et la mise en place de nos institutions qui peuvent être discutés et que discutent bien des citoyens entre eux. C’est aussi ne plus reconnaître les concertations qui ont lieu sur certaines questions fondamentales comme les révisions de la Constitution, l’élaboration et les révisions des lois électorales. Si les points de vue des institutions et des personnalités consultées ne sont pas toujours pris en compte, il faut, de plus en plus prendre conscience que de telles attitudes de rejet alimentent les sources des violences.

BAMENDA ET BUEA SONNENT LE REVEIL POUR LA PRISE DE CONSCIENCE A TRAVERS L’ANALYSE DES REPERES HISTORIQUES.

C’est pour cela que Bamenda et Buea viennent sonner le réveil, la prise de conscience qui vont être forts et déterminants en nous remémorant certaines périodes et dates de l’histoire de notre pays, de notre jeune Etat.

Le Cameroun naît Colonie puis devient Territoire Sous Mandat et Sous Tutelle de la Société Internationale :

Pour avoir connu le statut de colonisés et puis sous sa variante même sous le régime de la société Internationale, les Camerounais doivent être à l’avant-garde de la construction d’une République forte et d’un Etat des Droits humains exemplaire.

A la Conférence de la Réunification à  Foumban en Juillet 1961, les représentants des fils et des filles du Cameroun divisé et administré par la France et la Grande Bretagne depuis 1919 ont donné le ton pour le dialogue partage, pour l’idée forte de la Nation et de l’Unité nationale à construire, développer et maintenir ensemble; il y a beaucoup à apprendre de ces instants forts, intenses de communion. C’était profondément patriote à travers l’engagement des participants, la sincérité affichée quand bien même pour certains, cela pouvait être des calculs personnels égoïstes qui, s’ils ont donné satisfaction  à un moment donné, sont les sources des problèmes aujourd’hui.

Il y a lieu de toujours construire par le dialogue pour écarter les méfaits des complexes que l’on cultive qu’ils soient ceux de supériorité ou d’infériorité : pour cela, savoir qu’il y a toujours un fond d’égoïsme dans la vie et l’expression des individus et des groupes , qui ferme la voie à la recherche du meilleur pour tous à partir de la voie du meilleur de soi qui alimente la culture du vrai, du bien ,du beau.

Il y a là une direction de recherche, de travail pour asseoir le présent harmonieux et situer le devenir dans toute sa dynamique positive dans la construction et l’affirmation de l’unité dans la diversité, de la solidarité , de la fraternité, de l’amour et de la paix.

DE LA NOUVELLE ETHIQUE,  DE LA RIGUEUR ET DE LA MORALISATION.

Si un tournant pris en 1969 est amplifié en 1972 par rapport à 1961, la Nouvelle Ethique, la Rigueur et Moralisation viennent pour éloigner toutes les sources de culture des complexes. Plus que jamais on doit y revenir pour asseoir les  valeurs humaines, l’Ethique , la Morale politique et la Morale en politique comme fondements, dynamiques et éclairages de la vie et des activités aussi bien des individus, des groupes d’individus ou des institutions tant publiques que privées parce que :

  • Les réalités vécues sur le terrain aujourd’hui,
  • Les leçons du dialogue partage à la Conférence sur la Réunification de Foumban,
  • Les Leçons de la Nouvelle Ethique, la Rigueur et la Moralisation ;

Nous amènent à créer les conditions les meilleures pour sortir du champ des confrontations stériles pour  que ce qui s’est passé à Bamenda et à Buea  ne se répète plus jamais. Il est important de réaliser que les causes profondes résident dans le fait que nous avons perdu de vue les héritages ancestraux nous plaçant sur la voie de la culture du dialogue, des meurs morales d’union, de solidarité, de fraternité qui se cultivent et s’entretiennent à tous les niveaux partant des familles, des villages et des quartiers, de nos villes dans les quartiers obligeant à prendre en compte les aspirations de chaque personne, des populations, appelant au dialogue permanent , à privilégier la recherche du consensus par des négociations. Des repères, des bases fortement humanisant existent nous permettant de tirer de tous nos héritages d’origine étrangère pour consolider le fond commun profondément africain ; ce qui nous permet d’apporter à la Nouvelle Culture, celle-là de l’humain, de l’être humain sans considération des frontières quelles qu’elles soient.

Si la recherche effrénée du pouvoir et du pouvoir d’argent conduisent à la domination égoïste, notre contexte est celui de la centralité, sans considération quelle qu’elle soit, de l’Être Humain  par et pour  qui chaque personne est appelée à donner un sens à sa vie et à la vie en faisant vivre et s’exprimer ce que, par la miséricorde divine nous avons en nous à savoir la lumière et les vertus divines.

NB : Pour une approche Concrète en vue des solutions, la communication faite à Foumban lors du cinquantenaire de la Conférence de la Réunification sera d’une grande utilité car s’y dégagent les bases juridiques et les voies et méthode d’approche qui ont été oubliées et qui sont de grande actualité dans la recherche des solutions.

Dr Adamou NDAM NJOYA

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