LES CAHIERS DES JOURNÉES RÉPUBLICAINES DES RÉFLEXIONS ET D’ÉCHANGES (JRRE)

Nous ouvrons dans cette rubrique les cahiers des Journées Républicaines des Réflexions et d’Echanges (JRRE).
A cette veille des élections et en ce contexte de Rentrée aux nombreux ratés dont le Programme controversé,  remarquez que cela nous a préoccupé il y a longtemps.

JOURNÉES RÉPUBLICAINES DES RÉFLEXIONS ET DES ECHANGES

 Troisièmes Assises sur le Thème : « L’ECOLE AU SERVICE DES DROITS ET DEVOIRS CITOYENS »

Douala, Mercredi le 14 Mars 2012

On est bien fondé pour se demander si l’école a failli. Et, ceci, face aux crises des valeurs et d’éthique que nous connaissons dans notre monde d’aujourd’hui ; en effet, partout, les individualismes, les égoïsmes, l’absence du sens de la chose publique, de l’intérêt général semblent de plus en plus l’emporter comme le témoignent les crises financières et économiques qui n’épargnent aucune société et dont les plus grandes victimes sont les plus faibles, les plus pauvres. Il en est ainsi que l’on se situe dans les différentes régions à travers le monde ou au sein des régions à l’intérieur des pays et, partout, ces crises ont été reconnues comme étant, avant tout, les crises des valeurs. Ces crises des valeurs n’épargnant aucun domaine se manifestent fortement en politique et plus particulièrement un peu partout s’agissant de la conquête et de l’exercice du pouvoir.

Nous en sommes ainsi arrivés à des situations d’où nous devons sortir et, interpellés que nous sommes par les souffrances, les faits qui sont les conséquences directes de ces crises des valeurs et face aux dures réalités quotidiennes que de nombreuses populations connaissent comme c’est le cas en Afrique, nous nous posons la question de savoir si cela n’est pas dû avant tout à la faillite de l’école dans sa noble mission de formation et d’éducation ; l’éducation qui est cette source d’éveil des populations, de la consolidation dans la voie du progrès de la République, de la chose publique, du triomphe de l’intérêt général, du jeu démocratique, ainsi, de tout ce qui apparaît comme parapluie et éclairage des intérêts particuliers, c’est à dire devant aboutir à la consolidation et à la mobilisation pour le vrai, le bien, le beau où chaque personne, dans la société se sentira partenaire partie prenante.

En définitive, avec l’Ecole, il est question de faire face aux conséquences multiformes des crises des valeurs avec les lots des souffrances que connaissent les populations et, plus encore celles qui sont déjà les plus exposées dans toutes les régions du monde et, surtout, dans celles où les Etats en l’absence des traditions  républicaines fortes et de la culture suivie des pratiques démocratiques, se cherchent encore, du fait de leur jeunesse, dans l’accomplissement de leur mission comme c’est le cas pour l’Afrique et au Cameroun où nous nous trouvons.

Il se dégage, de ce que nous vivons, l’impérieuse nécessité d’arriver à ce que l’école développe des programmes de formation et d’éducation dignes, qu’elle soit effectivement au service des droits et des devoirs citoyens. Ici, les enseignants sont profondément interpellés comme formateurs et éducateurs.

L’Ecole classique, au sens large – entendons de la Maternelle à l’Université – à la différence de l’Ecole de la vie, relevant et dépendant dans leurs activités de ceux qui organisent et gèrent la société, la question que nous nous devons de nous poser est au fond de savoir comment et pourquoi ceux qui sont en charge ont réussi ou ont failli et dans cette dernière situation n’accomplissant pas leur mission ; ceci nous permettra de mieux nous situer dans la dynamique à dérouler pour que l’Ecole assure sa noble mission de formation et d’éducation pour l’effectivité, la culture et la tradition des devoirs et droits citoyens dans nos sociétés nationales et comme bases de l’humanisation de la société internationale.

Quand on parle de l’Ecole, en se situant dans le cadre des programmes de formation dans les institutions classiques allant de la maternelle à l’université, que peut-on dire et retenir, s’agissant de l’Afrique et du Cameroun plus particulièrement, des formations aboutissant chez les acteurs et les actrices dans la société à des capacités et des qualités professionnelles notoires ? Ici aussi que peut-on retenir d’une éducation conduisant à l’affirmation des personnalités rompues aux valeurs humaines, cultivant l’éthique dans toutes les activités et le entreprises individuelles et collectives dans la société ? Que peut donner l’évaluation de l’Ecole s’agissant de l’inscription dans les réflexions et les actes à poser de ce qui est positif, de ce qui affirme la dignité humaine, de ce qui situe dans la voie du partage, de la compréhension, du dialogue, de la justice, de la liberté, de la fraternité, de la recherche de l’équité, de l’égalité comme éclairages et dynamiques permanents.

L’objectif, dans la République et la République des droits et des devoirs que doit être le Cameroun de par son histoire, est d’arriver à l’école formant et éduquant des hommes et des femmes responsables, cultivant dans leur vie et leurs activités tout comme dans la vie  des institutions tant publiques que privées, les valeurs humaines, le vrai, le bien, le beau comme fondements, éclairages et dynamiques que l’on développe et entretient en permanence. Il est aussi question d’arriver à la formation et à l’éducation des hommes et des femmes faisant de l’Ecole de la vie une forte et profonde réalité parce que animée par les parents cultivant des traditions de construction de génération à génération, jouant ainsi pleinement leur rôle de formateurs, d’éducateurs permanents. Il faut qu’on en arrive à la situation où s’installe dans les cœurs et les esprits le profond sens de la noble mission de préparer et les parents responsables de demain et les citoyens responsables de demain.

En effet, les dégradations que nous connaissons dans nos sociétés nous interpellent ceci pour mettre fin entre autres à l’absence de dialogue entre parents et enfants, conduisant à l’absence de la culture du dialogue dans la société envahie de plus en plus par le langage de violence nourri par les drogues, la culture du mensonge, de l’hypocrisie qui, de plus en plus tiennent le haut des pavés. Tout ceci parce que l’on ne s’affirme pas en puisant dans ses racines originaires, tout ceci parce que l’on se définit par rapport à l’autre, par rapport aux cultures importées…Parce que l’on n’a pas la conscience forte de son identité, de sa personnalité, parce que l’on manque de repère, des références…des hommes, des femmes, des héros qui inspirent.

L’Ecole a pour mission de contribuer à remédier la situation en développant la culture des qualités et des capacités permettant de s’affirmer, dégageant tout ce qui fait la personnalité en créant les conditions pour le citoyen, la citoyenne de se sentir dans sa personnalité, d’être confiants, de ne pas se définir par rapport à l’autre mais d’être soi et se sentir en confiance avec les autres membres de la société dans la responsabilité qui incombe à chaque personne et à tout le monde.

L’actualité très forte, obligeant, que faut-il faire se situant sur le terrain des consultations électorales, sur les évolutions que nous avons connues et qui ont conduit le gouvernement à s’engager dans la voie de la refonte des listes électorales, c’est-à-dire la confection d’un nouveau fichier électoral ; et aussi en ce qui concerne l’adoption d’un code électoral. Les réalités de la vie, l’école de la vie ont pesé pour l’essentiel sur une telle évolution. Que faut-il faire pour que l’on ne s’arrête pas en chemin ? En effet ceux et celles qui étaient habitués à certaines façons de faire ne vont pas, par exemple, du jour au lendemain se débarrasser des habitudes cultivées depuis des années pour la confiscation du pouvoir à des fins des intérêts égoïstes travers les manipulations des élections. Aussi est-il question de capitaliser les résultats atteints, les démarches suivies conduisant dans la voie de la transparence, de l’objectivité, de l’impartialité, du bien, du vrai et du beau, tout ce qui, mettant l’être humain au centre de tout, prédispose à la culture de la dignité humaine et de notre commune humanité.

Dr Adamou NDAM NJOYA

 

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