LE DIALOGUE NATIONAL POUR LE NOUVEAU CONTRAT SOCIAL LE CONTRAT REPUBLICAIN,

PREMIÈRE PARTIE

Répondant à l’Appel au « Grand Dialogue National », lancé par Monsieur le Président de la République lors de son Discours à la Nation du 10 Septembre 2019,

L’UDC revient dans ce document pour présenter la vision avant-gardiste et constante qui a caractérisé depuis 28 ans, sa démarche citoyenne, républicaine, patriote, démocrate pour la construction, ensemble, des bases éthiques du partage de la vie politique, économique, sociale et culturelle du Cameroun.

En effet, notre présence et les actions que nous avons menées lors des grands rendez-vous et tournants de l’histoire politique, depuis la Coordination Nationale des Partis Politique de l’Opposition et des Associa- tions, en 1991, le Directoire, la Tripartite, la Coalition pour la Reconstruction et la Réconciliation Nationales en 2004, le Pacte Républicain en 2011, ainsi que notre participation depuis 1992 aux différentes élections qu’elles soient Présidentielles, Législatives, Municipales, Sénatoriales garantissent, du fait du respect des valeurs et des principes éthiques, moraux, qui président à nos actes, mettant l’Être Humain au centre de nos préoccupations, la justesse de nos contributions, qu’elles soient ou non prises en compte en temps opportun.

L’invitation de l’UDC à l’approche consensuelle à travers la concertation, la culture du dialogue-part- age, l’affirmation des fondements dynamiques et pérennes de l’unité nationale, exemples vivants offerts par les Pères Fondateurs en Juillet 1991, lors de la Conférence de Foumban, a constitué l’essentiel de son message depuis l’éclatement, aux yeux de tous, de la crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en 2016.

Il sera question dans la première partie d’exposer, pour devoir de mémoire, l’expression écrite de notre engagement et notre détermination à œuvrer et à en appeler au DIALOGUE.

Ensuite, dans la seconde partie, suivront le Cadre, le Contenu et les Approches que nous préconisons pour cette Rencontre-Concertation Nationale salutaire.

PREMIÈRE PARTIE

Dès l’éclatement de la crise en 2016, nos appels à la Concertation, au Dialogue-Partage, au Consensus Inspirés des approches léguées par les Pères Fondateurs lors de la Conférence sur la Réunification en 1961 à Foumban

I

LES ÉVÉNEMENTS DE BAMENDA ET DE BUEA NOUS INTERPELLANT PROFONDÉMENT DANS NOTRE CHAIR ET NOTRE ESPRIT, REVISITONS POUR LEUR ÉPANOUISSEMENT, L’IDEE DE LA NATION ET LES VOIES DES CONCERTATIONS ET D’ACTION POUR L’UNITE ET L’HARMONIE TRACÉES ET LAISSÉES EN HERITAGES ET ÉCLAIRAGES PAR LES PÈRES FONDATEURS RÉUNIS A FOUMBAN EN JUILLET 1961.

CE QUE NOUS DEVONS SAVOIR ET, CE QUE NOUS DEVONS FAIRE

A Foumban ont été fixés non seulement les fondements de l’État Républicain et Démocrate du Cameroun, mais aussi, les voies d’approches démocratiques de concertations et de dialogues-partages, pour la mobili- sation de tous les citoyens et de toutes les citoyennes comme partenaires parties prenantes, en vue d’œuvrer dans la solidarité et la fraternité en vrais et dignes fils et filles, apportant les riches diversités et les fines fi- bres intellectuelles, spirituelles et d’énergie pour le développement humanisant durable, l’épanouissement de chaque personne et de tout le monde, et, l’affirmation du Cameroun comme République des Droits Humains.

Loin des leçons de Foumban 1961, c’est un déficit profond de dialogue et de concertations suivies sur le terrain entre les autorités administratives et les populations qui s’est installé.

Nous avons ressenti beaucoup de douleurs et de tristesse, en voyant des citoyens tomber sous les balles, être pourchassés, molestés comme ces jeunes étudiantes et étudiants traînés dans la boue, alors qu’ils voulaient s’exprimer démocratiquement à travers des manifestations qui sont des formes par excellence d’expression en démocratie, ou aussi, ces populations affrontant les forces de l’ordre parce qu’elles n’en pouvaient plus, face à l’affirmation arrogante de la force comme support de l’autorité. Nous en sommes arrivés à tout ceci suite à l’absence initiale de dialogue avec la gravité créée par l’échec quand bien même il sera amorcé. En toute chose il faut qu’il y ait une atmosphère propice préexistant et non créée face au problème qui, dans le cas d’espèce était celui de la réponse aux préoccupations et aux revendications ayant amené les Avocats, les Enseignants, les Étudiants à déclencher des mouvements de grèves et à des manifestations auxquelles vont se joindre les populations.

L’intervention des autorités politiques, à la rescousse des autorités administratives qui n’avaient pas pu empêcher que les situations s’enveniment, n’a pas réussi à maîtriser les situations. En effet, la rencontre avec

les acteurs des mouvements revendicatifs que sont les Avocats, les Enseignants, les Étudiants, ne calmera pas les manifestations pour des revendications qui, normales et gérables dans le contexte de vie démocra- tique épanouie et de culture de dialogue républicain, ne devraient pas dégénérer et connaître une escalade conduisant à des extrêmes et des véritables soulèvements incontrôlables, entraînant malheureusement des confrontations violentes traumatisantes et meurtrières que notre pays a connu à Bamenda et à Buea.

RECONNAÎTRE LES FAITS MALHEUREUX ET EN RESPONSABLES REPUBLICAINS REMONTER AUX CAUSES POUR GUERRIR ET PREVENIR

Face aux réalités des confrontations ayant pour conséquences des victimes, c’est en responsables citoyens républicains patriotes démocrates que, désormais, nous devons, sans passion aveugle, chercher à comprendre et reconnaître les facteurs, les motivations profondes des malaises qui sont à l’origine lointaine des événe- ments qui touchent et interpellent tous les Camerounais ainsi que les amis et les partenaires du Cameroun.

Ainsi, tout en élevant nos prières à Dieu pour l’accueil des victimes dans sa miséricorde, en adressant nos condoléances à leurs parents et nos pensées à ceux et celles qui, sur le terrain ou de loin, sont blessés ou traumatisés, nous devons, face aux divisions, aux haines et aux cicatrices que cela entraîne, nous réveiller et éveiller nos consciences ; ceci pour que ne soit pas compromise et remise en question la grande et noble idée de la Nation héritée de ceux qui, en Pères Fondateurs nous ont montré la voie pour la construction et la consolidation de l’unité nationale à travers les actions concertées, réfléchies, oui des constructions que, mo-

bilisées, les populations doivent mener avec foi et amour, portées par l’éthique, les valeurs humaines comme fondements, dynamiques et éclairages.

EN CITOYENS AYANT LE CŒUR ET L’ÂME PATRIOTES S’INSCRIRE DANS LA PERENNITE

Il est clair pour tout citoyen, toute citoyenne, ayant le cœur et l’âme patriotes, que la tournure prise par les événements dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest vient pour nous réveiller, que la rapidité avec laquelle tout s’est mû, avec la participation des populations, de toutes les couches sociales, en revendications profondes sur la forme de l’État, est une profonde interpellation pour chaque camerounais, chaque camerounaise. On ne doit pas les évacuer et on ne peut pas passer sous silence, ignorer les vagues de fond qui se forment, le volcan qui couve. Les événements de Bamenda et de Buea, les déchaînements des violences mortelles et traumatisantes avec le lot des revendications veulent que fils et filles dignes de notre pays, en âme et con- science, nous y répondons en nous mobilisant portés par les visions innovatrices et des actions de construc- tions positives nous inscrivant avec notre pays et les amis et partenaires du Cameroun dans la durée, dans la pérennité.

Au moment où, dans le contexte mondial et plus particulièrement dans notre pays, nous avons à faire face à des extrémistes qui tuent des citoyens et où des accidents tuent tout comme des catastrophes naturelles qui sont imprévisibles dans leurs conséquences, il est un impératif : tout faire pour que des citoyens ne tombent pas sous les balles de ceux qui sont là pour les protéger, assurer la sécurité des populations, faire face à toutes les formes d’agression, éliminer tout ce qui peut, conduisant aux doutes, à la perte de confiance, aux traumatismes, participer ainsi à la réduction des capacités de création, d’imagination, d’initiative, d’inno- vation dans notre pays ; ceci alors que l’on a le plus grand besoin face aux grandes compétitions pour s’af- firmer en apportant, pour la qualité de vie de chaque personne et de tout le monde, pour la paix, la justice, la dignité humaine, les produits des génies nationaux, sur le plateau commun de notre grand village qu’est désormais le monde.

LA NECESSITE DE LA CULTURE DU DIALOGUE, DE L’EDUCATION, POUR LA RECHERCHE PERMANENTE DU CONSENSUS

Pour y arriver, il faut comprendre qu’il faut toute une culture, toute une éducation permanente pour que soient ancrés en nous ce que l’on néglige, ignore, voire rejette : l’éthique, les valeurs humaines comme fondements et éclairages de nos actes, de nos entreprises, de nos idées, de nos pensées aboutissant à des réalisations pour le bien commun à commencer par la paix qui veut que l’on se parle, échange et respecte la parole donnée, le consensus atteint, les lois…

Aurions nous abouti aux grèves et des Avocats et des Enseignants et des Étudiants si cette culture de dia- logue, de partage était ancrée en nous. Il y a là la meilleure voie de prévention. En effet les gouvernants, les administrateurs, sur le terrain, armés de cette culture, par cette éducation, pouvaient voir venir ou n’ayant pas pu voir venir, auraient pu saisir et étudier les revendications présentées avant les grèves et les manifesta- tions afin de dégager des éléments forts de solution pour aider le pouvoir politique à trouver la réponse ou à construire la solution par les négociations avec les intéressés.

SE LIBERER DE L’EMPRISE DE LA CULTURE DE LA FORCE COMME FONDEMENT DES ASSISES DE L’AUTORITE DE L’ETAT.

Cette situation nous amène à sortir de l’emprise de la culture de la force comme voie privilégiée pour asseoir l’autorité de l’État.

Ainsi aux différents niveaux de l’échelle des valeurs administratives, les responsables s’emploieront davan- tage avec sérénité et célérité à traiter les dossiers, les questions qui sont posées par les populations que ce soit individuellement ou collectivement et, quelles que soient les questions qui se posent.

A titre indicatif, les enseignants qui se sont retrouvés dans la rue avaient abouti au début de l’année, grâce aux négociations avec les autorités gouvernementales, à des résultats qui devaient conduire à la prise des mesures améliorant leur cadre de travail avant la rentrée scolaire de l’année 2016-2017. Mais ces solutions sont restées lettre morte au dire de certains officiels gouvernementaux à cause des lenteurs administratives. Ce qui se vit, s’agissant des Enseignants, se retrouve dans bien de domaines et des secteurs d’activité de notre pays

Le Chef de l’État n’a de cesse de parler des inerties ! Ici nous réalisons quelles peuvent être les conséquenc- es et que, surtout ces paroles qui sont des invitations à changer de comportements, ne sont pas prises au sérieux. Dans d’autres domaines et secteurs d’activités dans la vie nationale nous pouvons relever ces iner- ties qui sont des bombes à retardement

Le mal vient des lenteurs administratives, des inerties, parce que les fondamentaux de l’État qui invitent à toujours plus de responsabilité, de célérité, du savoir, savoir-faire et savoir être pour être et agir ensemble sont ignorés. On est sous la protection de tel chef qui a présidé à la nomination oubliant de faire ce qui doit être fait et, de ce fait, participant ainsi à scier la branche qui vous porte avec le Chef. A force de scier les branches on tue l’arbre disant ainsi adieu aux fruits à consommer, à vendre et aux semences !

TRANSPARENCE ET CELERITE DANS LE CONTEXTE TECHNOLOGIQUE MONDIAL D’AUJO- URD’HUI.

La connaissance des fondamentaux et le contexte de notre civilisation mondiale des technologies de commu- nication obligent à la transparence, à traiter toute question avec sincérité et célérité, à dialoguer sans évacuer des points car faire ainsi c’est retarder le mal et nourrir les sources des conflits et des violences et préparer l’éruption du volcan.

Pour des raisons et des considérations évoquées plus haut du fait des insuffisances des actions administra- tives des représentants du gouvernement sur le terrain, le Premier Ministre sera dépêché pour éteindre le feu sans les moyens ou incapables d’en construire à partir des éléments rassemblés sur le terrain. Dire que les manifestants ne doivent pas parler des questions politiques parce qu’ils ont un métier d’avocat c’est méconnaître le droit de tout citoyen ; plus que cela c’est ignorer toute la littérature sur la question et les choix successifs dans la construction et la mise en place de nos institutions qui peuvent être discutés et que

discutent bien des citoyens entre eux. C’est aussi ne plus reconnaître les concertations qui ont lieu sur cer- taines questions fondamentales comme les révisions de la Constitution, l’élaboration et les révisions des lois électorales. Si les points de vue des institutions et des personnalités consultées ne sont pas toujours pris en compte, il faut, de plus en plus prendre conscience que de telles attitudes de rejet alimentent les sources des violences.

BAMENDA ET BUEA SONNENT LE REVEIL POUR LA PRISE DE CONSCIENCE A TRAVERS L’ANALYSE DES REPERES HISTORIQUES

C’est pour cela que Bamenda et Buea viennent sonner le réveil, la prise de conscience qui vont être forts et déterminants en nous remémorant certaines périodes et dates de l’histoire de notre pays, de notre jeune État :

  • Le Cameroun naît Colonie puis devient Territoire Sous Mandat et Sous Tutelle de la Société Interna- tionale.

Pour avoir connu le statut de colonisés et puis sous sa variante même sous le régime de la société Internatio- nale, les Camerounais doivent être à l’avant-garde de la construction d’une République forte et d’un État des Droits humains exemplaire.

  • A la Conférence de la Réunification à Foumban en Juillet 1961, les représentants des fils et des filles du Cameroun divisé et administré par la France et la Grande Bretagne depuis 1919 ont donné le ton pour le dialogue partage, pour l’idée forte de la Nation et de l’Unité nationale à construire, développer et maintenir ensemble ; il y a beaucoup à apprendre de ces instants forts, intenses de communion. C’était profondément patriote à travers l’engagement des participants, la sincérité affichée quand bien même pour certains, cela pouvait être des calculs personnels égoïstes qui, s’ils ont donné satisfaction à un moment donné, sont les sources des problèmes aujourd’hui.

Il y a lieu de toujours construire par le dialogue pour écarter les méfaits des complexes que l’on cultive, qu’ils soient ceux de supériorité ou d’infériorité : pour cela, savoir qu’il y a toujours un fond d’égoïsme dans la vie et l’expression des individus et des groupes, qui ferme la voie à la recherche du meilleur pour tous à partir de la voie du meilleur de soi qui alimente la culture du Vrai, du Bien, du Beau.

Il y a là une direction de recherche, de travail pour asseoir le présent harmonieux et situer le devenir dans toute sa dynamique positive dans la construction et l’affirmation de l’unité dans la diversité, de la solidarité, de la fraternité, de l’amour et de la paix.

DE LA NOUVELLE ETHIQUE, DE LA RIGUEUR ET DE LA MORALISATION

Si un tournant pris en 1969 est amplifié en 1972 par rapport à 1961, la Nouvelle Éthique, la Rigueur et Moralisation viennent pour éloigner toutes les sources de culture des complexes. Plus que jamais on doit y revenir pour asseoir les valeurs humaines, l’Éthique, la Morale politique et la Morale en politique comme fondements, dynamiques et éclairages de la vie et des activités aussi bien des individus, des groupes d’indi- vidus ou des institutions tant publiques que privées parce que :

  • Les réalités vécues sur le terrain aujourd’hui,
  • Les leçons du dialogue-partage à la Conférence sur la Réunification de Foumban,
  • Les Leçons de la Nouvelle Éthique, la Rigueur et la Moralisation ;

Nous amènent à créer les conditions les meilleures pour sortir du champ des confrontations stériles pour que ce qui s’est passé à Bamenda et à Buea ne se répète plus jamais. Il est important de réaliser que les causes profondes résident dans le fait que nous avons perdu de vue les héritages ancestraux nous plaçant sur la voie de la culture du dialogue, des meurs morales d’union, de solidarité, de fraternité qui se cultivent et s’entre- tiennent à tous les niveaux partant des familles, des villages et des quartiers, de nos villes dans les quartiers obligeant à prendre en compte les aspirations de chaque personne, des populations, appelant au dialogue

permanent , à privilégier la recherche du consensus par des négociations. Des repères, des bases fortement humanisant existent nous permettant de tirer de tous nos héritages d’origine étrangère pour consolider le fond commun profondément africain ; ce qui nous permet d’apporter à la Nouvelle Culture, celle-là de l’hu- main, de l’être humain sans considération des frontières quelles qu’elles soient.

Si la recherche effrénée du pouvoir et du pouvoir d’argent conduisent à la domination égoïste, notre contex- te est celui de la centralité, sans considération quelle qu’elle soit, de l’Être Humain par et pour qui chaque personne est appelée à donner un sens à sa vie et à la vie en faisant vivre et s’exprimer ce que, par la miséri- corde divine nous avons en nous à savoir la lumière et les vertus divines.

NB : Pour une approche Concrète en vue des solutions, la communication faite à Foumban lors du cinquan- tenaire de la Conférence de la Réunification sera d’une grande utilité car s’y dégagent les bases juridiques et les voies et méthode d’approche qui ont été oubliées et qui sont de grande actualité dans la recherche des solutions.

Dr Adamou NDAM NJOYA

II 

SUITE EVENEMENTS NORD OUEST ET SUD OUEST TOUT EN RECHERCHANT LES CAUSES ET LES SOLUTIONS DES REVENDICATIONS, FAIRE RESSORTIR ET ASSEOIR L’UN DES GRANDS HERITAGES DES PERES FONDATEURS A SAVOIR L’EXEMPLE VIVANT ET FORT OFFERT, EN JUILLET 1961 A LA CONFERENCE DE LA REUNIFI­CATION A FOUMBAN, PAR L’APPROCHE CONSENSUELLE, POUR LA CULTURE DE LA TRADI­TION DU DIALOGUE AFFIRMANT ET CONSOLIDANT EN PERMANENCE L’IDEE FORTE DE LA NATION ET LES FONDEMENTS DYNAMIQUES ET PERENNES DE L’UNITE NATIONALE.

Il est question que tout en recherchant les causes et les solutions pour des questions qui peuvent être d’ordre pédagogique, de qualité des enseignants et des enseignements, des comportements, d’ordre économique, matériel, logistique, on retienne comme termes de références le grand héritage des pères fondateurs en ce qui concerne la méthode d’approche consensuelle qui, développée, avait abouti à Foumban à la mise sur pied des Bases juridiques et politiques fortes de mobilisation des populations pour la construction et la protection de l’Unité Nationale. Les Concertations ayant ainsi abouti, les Fils et les Filles des deux côtés du Mungo ont ainsi laissé un acquis à entretenir et cultiver par les générations successives. Les événements du Nord-Ouest et du Sud-Ouest viennent le rappeler nous disant de revenir et faire vivre ce grand acquis.

Les Déclarations des Nations Unies à la veille des concertations relevaient et invitaient à cette approche entre les fils et les filles du Cameroun qui, dans le fond, n’a jamais perdu son unité mais a connu sous l’au­torité de la SDN et de l’ONU avec le Mandat et la Tutelle une division pour la gestion administrative par le Royaume Uni de Grande Bretagne et la République française sous le contrôle des organes appropriés de la Société Internationale. L’unité dans la gestion administrative retrouvée avec la Réunification, les Pères Fondateurs qui se retrouvent en Juillet 1961, jettent d’une part, les bases juridiques pour l’organisation de l’État et, d’autre part les bases politiques des formules et méthodes de Dialogue et des concertations pour les mutations, les évolutions pour donner au Cameroun toute la force de son identité, de sa personnalité origina­les comme enfant de la Société Internationale ayant sur son fond africain riche et diversifié les héritages des cultures anglaises et françaises sans oublier un fond historique d’origine allemande.

Tous les discours, les prises de position, des nationalistes, des Pères fondateurs avant, puis à Foumban invi­tent à cette noble réalisation par l’exemple de leurs engagements. Qu’ils aient eu ou non des représentants à la Conférence, c’est la vision évolutive partagée qui se concrétise.

Il y a ainsi toute une construction à faire qui doit apparaître comme fondamentale à l’ordre de jour dans toutes les démarches entreprises à la suite des événements qui interpellent tous les Camerounais et toutes les Camerounaises, véritable éveil pour reprendre le chemin qu’on avait quitté.

En cela la rigueur et la Moralisation instaurée par le Président de la République doivent revenir et être dével­oppées comme culture à tous les niveaux des échelles de valeurs de gouvernement sur le plan national par les responsables à différents titres et plus encore sur le plan local par les Autorités administratives représen­tant le Gouvernement et par les différents services déconcentrés et dans le secteur privé.

Les Conseils, les Directives et les Instructions du Chef de l’État face aux inerties qu’il a toujours con­damnées doivent être repris. Ce qui va conduire à plus d’humilité et à la responsabilisation de tout le monde éloignant des complexes, d’une part, de supériorité pour certains parce que détenant le pouvoir et les moyens allant jusqu’à asseoir l’autorité sur la force comme le font certains administrateurs et, d’autre part, d’inféri­orité de la part des certains citoyens se considérant comme des administrés n’ayant rien à dire, n’ayant point d’ouverture pour initier, apporter à la construction nationale.

Il est question d’inscrire tout le monde dans la dynamique du Savoir des héritages qui nous lient comme une nation unie, du Savoir-faire en ce qui concerne toute la professionnalité à tous les niveaux pour donner son contenu et sa vie à notre Nation par l’affirmation de la citoyenneté, du Savoir Être pour se comporter indiv­iduellement et collectivement comme les gardiens sans cesse innovant pour le progrès de la Nation dans le monde ; ceci à travers le progrès de tous ses fils et de toutes ses filles mobilisés comme partenaires parties prenantes pour le développement humanisant durable, pour la qualité de vie, mobilisés, solidaires, fraternels et déployant les richesses de leurs diversités pour toujours bâtir.

Il sera question aussi de repenser la vie et la rencontre des expressions culturelles et organiser les décou­vertes de nos régions, des réalités et des réalisations par les citoyens et les citoyennes pour ainsi consolider les fines fibres citoyennes républicaines et patriotes démocrates.

Dr Adamou NDAM NJOYA

III

SUITE NOTE

Après avoir écrit la Note, on m’a fait tenir la lettre des Évêques du Nord-Ouest et du Sud-Ouest adressée au chef de l’État et, après l’avoir lue j’ai pensé, que le contenu des conclusions renforçant l’importance des approches consensuelles, relever les points suivants :

Les analyses historiques ayant abouti aux deux questions élaborées par les Nations Unies pour le Référendum et puis aux résultats obtenus, les points forts et les conclusions finales indiquent la nécessité de mettre l’accent sur les méthodes d’approches impliquant tout le monde et à tous les niveaux dans la vie et les activités des citoyens. C’est ainsi que seront éloignées les possibilités des interprétations mettant en exergue et popularisant ce qui était jusqu’ici perçu surtout dans leurs subtilités par des élites à savoir « les problèmes anglophones ». Les Pères Fondateurs et les nationalistes en affirmant les bases juridiques et les méthodes d’approches consensuelles nous ont donné outils, voies et dynamiques à faire prévaloir pour éviter toute évolution aboutissant à des discriminations.

Les Évêques parlant de l’application de la Constitution de 1996 et des négociations avec le Syndicats des différents corps ayant des revendications nous inscrivent dans la logique de la recherche du consensus où prévalent l’idée de la nation et de l’unité Nationale.

Pour les approches, on doit faire appel aux héritages des Pères fondateurs faisant ressortir et les fondements juridico politiques et les méthodes consensuelles qu’ils ont mis en place par la pratique quand les camerounais accédant à l’indépendance, prennent leur envol. La trame demeure et doit être utilisée car le problème va naître des comportements des individus, des égoïsmes, du manque de sensibilisation sur l’idée de la nation et de l’unité nationale que les citoyens doivent construire loin des cultures des complexes de supériorité ou d’infériorité.

Ceci étant, pour ne plus tomber dans le terrain des errements, tout ce qui va être entrepris pour résoudre les questions des revendications syndicales doit tenir compte de cela et pour le présent et pour le devenir. Ce qui invite à tout un programme d’éducation, de sensibilisation pour des nouveaux comportements positifs, constructifs ; ce qui conduit à impliquer les autorités religieuses qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes pour l’éducation en vue de la culture de l’éthique, des valeurs citoyennes, de la justice, de l’humilité, de l’esprit de solidarité et de fraternité devant présider à la vie des fils et des filles de la famille que nous constituons.

Il y a ici aussi une autre dimension forte à développer au sein des familles et à l’École. La vie et les activités et des individus personnes physiques et des institutions doivent être fondées et éclairées par les valeurs humaines, par l’Éthique.

Avec la « Rigueur et la Moralisation » le Président de la République avait ouvert la porte qui se doit d’être élargie maintenant en ce qui concerne tous les Camerounais. Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest viennent pour nous réveiller dans un monde et un contexte où les moyens de communication permettent de développer et répandre avec une grande rapidité ce qui peut construire tout comme ce qui peut détruire. Il est question de cultiver ce qui va et doit en permanence construire, affirmer et affermir des citoyens et citoyennes patriotes cultivant le grand sens de l’intérêt général dans toute l’humilité.

Dr Adamou NDAM NJOYA

-IV-

LE CAMEROUN DE JUILLET 1961 A FOUMBAN

A NOVEMBRE- DECEMBRE 2016 A BAMENDA ET BUEA

AVEC LE DISCOURS PREMONITOIRE D’ACCUEIL DU MAIRE DE FOUMBAN QUI VA SUIVRE,

CE TEXTE A ETE ELABORE EN 2013, LORS DE LA CELEBRATION DU 50IEME ANNIVERSAIRE DE LA CONFERENCE DE FOUMBAN SUR LA REUNIFICATION, LES 18-27 JUILLET 1961 AUTOUR DU THEME :

« LA CONFERENCE DE FOUMBAN DE JUILLET 1961 DANS LE PROCESSUS DE LA REUNIFICATION DU CAMEROUN »

INTRODUCTION DU SOUS THEME :

« CONTRIBUTION DES DIFFERENTS ACTEURS : ASPECTS ADMINISTRATIFS ET ASPECTS TRA- DITIONNELS »

Le présent document éclaire davantage sur ce qui doit être vécu et fait par chaque personne individuellement et collectivement pour ainsi s’inscrire dans la dynamique de construction et éviter pour les générations actu- elles et à venir des tensions conflictuelles stériles, voire, meurtrières.

DE LA PLACE ET DE L’IMPORTANCE DU RÔLE DES ACTEURS ADMINISTRATIFS, TRADITION- NELS, ET DES CITOYENS

Avant les assises historiques de Foumban et pendant la Conférence cette place et ce rôle des plus déterminants vont l’être plus encore avec la naissance du nouvel État, la mise en place des Institutions, leur fonctionnement pour maintenir le consensus, le traduire en permanence dans les faits et éviter les situations de ruptures comme celles nées à Bamenda et Buea. Le ton quant aux orientations pour les actions à conduire ensemble est donné quelques années plus tôt lorsque prenant la parole au cours de la Séance du 7 Juin 1956 de la jeune Assemblée territoriale du Cameroun, le Sénateur Njoya Arouna déclarait : « Il est des moments dans l’histoire de chaque nation, dans la vie d’un régime, où les hommes éprouvent le besoin de marquer le pas, afin de scruter le chemin parcouru, d’en déceler les méandres et les détours pour, en allant de l’avant, essayer d’obtenir un tracé moins sinueux, plus précis et plus réaliste »

Cette pensée est plus que valable aujourd’hui et demeure un éclairage pour la vie et l’épanouissement de toute société comme la société camerounaise dans le contexte que nous connaissons.

Après 51 ANS 9 MOIS dix jours, il y a ainsi un temps d’arrêt à Foumban sur les lieux mêmes où se déroula la Conférence qui va sceller l’unité du Cameroun retrouvée en donnant naissance aux trames de la Loi Fondamentale du Cameroun et des voies et méthodes démocratiques, consensuelles à suivre et respecter. Dans la lancée de tout ce qui découla de cet évènement hautement historique répondant à l’appel de l’un des grands acteurs, nous nous retrouvons pour nous interroger sur ce qui eut lieu, sur les institutions qui en découlèrent, sur la gestion faite de ce double héritage, sur ce qui en est advenu, sur les acteurs etc…. Et tout cela pour nous inscrire dans la dynamique de construction qui animait ceux- là qui se retrouvèrent ces jours de juillet 1961.

Aujourd’hui, comme il y a 50 ans, il est question de toujours mieux évoluer dans la voie et les actions qui permettent d’ « obtenir un tracé moins sinueux, plus précis, plus réaliste » comme disait Njoya Arouna. Nous sommes en 1956, cinq années avant la Conférence de Foumban. L’homme politique qui parle est :

–          Une grande autorité traditionnelle, Chef de la Branche Royale Bamoun par le Prince Njimonkouop Mabafon, descendant du Roi Ngouloure le 9ème Roi de la Dynastie fondée par Share Yen il y a plus de six cents ans.

–          Un grand commis Ecrivain Interprète de la première génération de ceux qui allèrent à l’école française aux lendemains de la première guerre mondiale quand la partie orientale du Cameroun sous Mandat de la SDN est confiée à la France. Il termine à Dschang ses études en 1925 et est aussitôt admis comme Agent administratif à la Région de Dschang où il travaillera jusqu’en 1929 quand, pour succéder à son père, le Prince Njimonkouop Njouonkou Mabafon décédé, il rentre à Foumban pour être Chef de la Grande et ancienne Famille Traditionnelle avant d’être Chef Supérieur, auxiliaire de l’Administration dans le cadre des institutions coloniales mises en place pour rompre avec l’Afrique souveraine.

Ceci est très intéressant quant au sous-thème qui nous préoccupe à savoir les aspects traditionnels et administratifs à retenir pour le contenu de ce qui allait sortir de la Conférence de Foumban. Njoya Arouna, Ministre d’État, Ministre de l’intérieur et, de ce fait, l’acteur principal qui est au centre de cette Conférence historique, couvre les deux aspects administratifs et traditionnels avec les dimensions politiques et la grande expertise et les expériences vécues comme acteur sur le terrain. Nous pouvons nous référer aux témoignages portés sur lui par les Administrateurs de la Région Bamoun sous le régime du Mandat et de la tutelle que connaît le Cameroun.

Homme Politique de premier rang, Il est le garant de l’émergence des aspects traditionnels et administratifs au cours de la Conférence de Foumban de Juillet 1961 où se retrouvent et des acteurs issus de nos héritages traditionnels et des acteurs produits des administrations coloniales qui, pour certains , vont entrer en poli- tique à travers le système français de la Quatrième République et comme nationalistes éclairés et encouragés et par leur détermination patriotique et par le système de la SDN et de l’ONU.

DES RESULTATS POSITIFS ET EXPLOITABLES AU SORTIR DE FOUMBAN ET PAR LES GENER- ATIONS SUCCESSIVES EN TIRANT LA LECON DE L’ELOIGNEMENT PROGRESSIF DES FONDE- MENTS HUMAINS CULTURELS ANCESTRAUX AFFIRMANT LA PERSONNALITE ET L’IDENTIE DES CAMEROUNAIS ET DU CAMEROUN

Entrant dans la logique d’aboutir à des résultats positifs et exploitables, pendant cette Conférence anniversaire historique et au-delà, il y a lieu de se situer en lisant, entre les lignes, le sous-thème et en nous posant des questions pour mieux cerner les dimensions humaines, culturelles, les héritages patrimoniaux des ancêtres qui sont très importants et déterminants pour la pérennité et de l’idée de la nation et de la permanente construction de l’unité nationale sans identification aux seuls héritages francophones ou anglophones oubliant ce qui nous est commun : le Fonds africain.

C’est ainsi que parler des aspects traditionnels et administratifs s’agissant de la contribution des différents acteurs nous conduit à l’organisation de la Conférence elle-même et aux dimensions humaines, culturelles, sociales que distillent les traditions et les héritages ancestraux tout comme les pratiques administratives introduites par les Européens. De tout cela va jaillir, dans toute sa particularité et son originalité, l’identité la personnalité camerounaise où les héritages européens, francophones et anglophones viennent se greffer sur le fond authentiquement africain ; c’est ce qui est à construire encore aujourd’hui. Ceci étant, on doit aussi continuer à rechercher la réponse ou les réponses à une ou des questions se formulant comme suit :

–          Quels sont les aspects administratifs et traditionnels de la contribution des différents acteurs au sortir de Foumban en Juillet 1961 et, aujourd’hui encore avec cette grande interpellation des événements de Bamenda et de Buea ?

–          Quelle est la contribution avant 1961 et depuis lors à ce jour en 2016, des Acteurs Administratifs et Traditionnels et que peut et doit être cette contribution, leur rôle comme acteurs de terrain et de tous les jours pouvant conforter l’idée nationale, la mobilisation citoyenne pour le développement humanisant durable.

Nous nous situons au cœur de la famille comme source de distillation des sucs de l’identité et de la personnalité nationale.

–          Quelle est la place des phénomènes administratifs et traditionnels dans la contribution de la Conférence de Foumban pour la réunification du Cameroun ? Et, aujourd’hui quel peut et doit être leur rôle ? Ces questions, et des questionnements qu’elles suscitent et continueront de susciter, nous situent au cœur de l’intérêt de la préoccupation devant nous animer s’agissant des aspects administratifs et traditionnels entre autres aspects des points traités lors de la Conférence de Foumban qui, dans le fond, hautement politique et voulant résoudre des problèmes politiques ne s’embarrassera pas beaucoup quant aux questions administratives et traditionnelles qui sont de grande importance et des plus essentielles pour la vie des institutions parce qu’elles touchent la vie, l’expression et les comportements et des individus et de la société comme nous le verrons.

Il y a là des questions que nous devons nous poser dans la recherche des solutions aux problèmes nés à Bamenda parce que, au sortir de Foumban en 1961 les grands acteurs du moment les avaient ignorés privilégiant les développements des stratégies pour asseoir leur pouvoir.

DES STRATEGIES SUCCESSIVES OUVRANT LA VOIE AUX EVOLUTIONS IGNORANT LES FON- DEMENTS NES DE LA CONFERENCE DE FOUMBAN APPELANT A LA CULTURE DU DIALOGUE POUR LE CONSENSUS

La dénomination de la Conférence va varier ainsi au fur et à mesure que l’on progresse et que la réunification s’affirme comme un acquis. On ne s’embarrasse pas de ce qui apparaît comme détail et qui, touchant l’être humain est pourtant l’essentiel car éveillant les sensibilités soit de rejet, soit d’adhésion.

–          Le journal « l’Unité » dans le Numéro 53 du 21 juillet 1961 titre : « Les entretiens pour la Réunification commencés à Yaoundé se poursuivent à Foumban ». Au cours de cette Conférence qui allait résoudre les problèmes politiques et donner les bases claires des institutions étatiques à mettre en place après s’être prononcée sur la forme de l’État, la préoccupation était aussi grande, entre autres, pour les chefferies traditionnelles c’est-à-dire, pour ce qui est source de lien, de ciment entre les populations à cause de leur représentation par les Chefs membres de la délégation du Cameroun Méridional ; cependant, dans le discours prononcé à Foumban le 18 Juillet 1961 à l’occasion de la mise en place de ce qui constituera les fondements de la Constitution fédérale, il est question des chefferies traditionnelles sans l’idée forte et soutenue d’une institution comme cela s’annonçait à l’ouverture de la Conférence dans les rangs des Délégués.

–          Il est question, 10 jours plus tard, du « Discours de clôture de la Conférence Constitutionnelle de Foumban (18 Juillet 1961). On évoque les Chefferies traditionnelles et l’idée est qu’une chambre des Chefs traditionnels qui était un acquis au Cameroun Méridional peut être maintenue.

–          Qu’en est-il du Cameroun Oriental ? Rien n’est dit.

–          Le 11 Août 1961, il n’y a aucune mention des Chefferies traditionnelles dans le discours prononcé devant l’Assemblée Nationale réunie en session extraordinaire consacrée à l’examen et à l’adoption de la 1ère Constitution du Cameroun. Il n’y a pas des dispositions constitutionnelles organisant les Chefferies traditionnelles pour les inclure comme rouages du nouvel État.

A ces différents étapes et moments les aspects administratifs n’apparaissent pas clairement comme des véritables préoccupations dans ce qui se construit ; aussi est-il question de l’évocation des particularités héritées des pratiques administratives des deux puissances mandataires et puis en charge de la Tutelle sans mettre l’accent sur ce qui fait notre particularité.

RETOUR A L’ESSENCE HUMAINE ET HUMANISANT CONDUISANT A L’IDENTITE ET LA PER- SONNALITE DES CAMEROUNAIS ET DU CAMEROUN FONDEES SUR LES RICHES HERITAGES ANCESTRAUX ET LES APPORTS EUROPEENS

Les termes mêmes de la Résolution des Nations Unies, nous citons : « … nous faisaient une obligation d’aménager les structures institutionnelles de la République pour y accueillir la partie séparée de notre pays

» ; les Propositions qui reçurent l’accord du Cameroun Méridional de même que « le Respect du caractère propre de chacune des deux parties sans sacrifier l’homogénéité indispensable à la vie de l’État… , la consolidation de l’autorité de l’État tout en évitant de créer une machine étatique par trop lourde et par trop contraignante ».

Du côté de la République tout étant acquis, la préoccupation est pour ce qui est du Cameroun Méridional et cela se dégage du discours du Président de la République qui est tout un programme de travail qui, aujourd’hui est plus que jamais des plus pertinents ; lisons plutôt : « … Or il n’est pas contestable que les Camerounais d’outre –Mungo ont depuis plus de quarante ans subi une empreinte différente de la nôtre. Cette empreinte, si elle n’a pas atteint l’âme profonde des populations, a marqué de son sceau les habitudes poli- tiques et administratives, les méthodes de travail, les façons de vivre. Ce serait faire preuve d’une incom- préhension grave et en outre parfaitement inutile de le nier. Il ne saurait s’agir pour nous d’imposer totale- ment nos systèmes de pensée et de vie, particulièrement en matière de gestion des affaires publiques à une

population formée à d’autres habitudes. Le génie d’une nation est fait plus de ses diversités qu’il convient de respecter, que de son uniformité et nous sommes persuadés que la confrontation des cultures et de pratiques différentes sera éminemment profitable au Cameroun de demain »

UN PROGRAMME POUR TOUT LE CAMEROUN POUR LA MOBILISATION CITOYENNE REPUB- LICAINE, PATRIOTE DEMOCRATE

Il y a là tout un programme et des directives pour tout ce qui a trait tant aux dimensions politiques, citoyennes, démocrates qu’aux aspects administratifs et traditionnels comme moteurs de la vie et des activités aussi bien des personnes physiques que de nos institutions car incarnant les « perspectives nationales » ayant

« l’intérêt général comme guide commun de tous ».

CONSECRATION DES FONDEMENTS JURIDIQUES ET DES METHODES D’APPROCHES CON- SENSUELLES AVEC L’ADOPTION DE L’ETAT FEDERAL AVEC DEUX ETATS FEDERES

Tout ce qui précède va conduire à choisir et adopter l’État Fédéral et à donner des orientations et des directives quant aux principes fondamentaux des institutions qui, en découlant, doivent écarter tout ce qui peut entraîner l’éclatement de ce qui a été uni par l’histoire et la volonté des populations :

LES EVOLUTIONS DU FAIT DES ACTEURS NE DETRUISENT PAS LES FONDAMENTAUX DES

PERES FONDATEURS

Les évolutions commencent rapidement avec l’idée d’un Sénat ayant une sorte de droit de véto qui est évoquée et vite écartée. Tout en mettant en cause ce qui pouvait constituer le lieu par excellence de lecture de la Loi Fondamentale et des pratiques pour mieux protéger le nouvel État fédéral et les États Fédérés, on éloigne aussi l’argument qui pouvait conduire à une institution recevant les représentants des valeurs traditionnelle compatibles avec les valeurs républicaines.

Ceci étant, il sera mis en place un cadre institutionnel uniforme de nature parlementaire : gouvernement responsable devant le parlement qui se résume dans L’Assemblée Fédérale qui va fonctionner s’inspirant des conditions en vigueur dans la République du Cameroun. Il s’ensuit ainsi qu’il n’y a ni Sénat, ni « House of Chiefs ». Mais il est cependant prévu des adaptations à l’intérieur de chaque État Fédéré pour tenir compte de leurs coutumes et de leurs procédures.

EVOLUTION VERS LA DOMINATION DU PREMIER MAGISTRAT PARTANT DE LA DOMINATION DE L’ETAT FEDERAL

Cependant s’il y a autonomie des entités étatiques fédérées il faut relever que les moyens d’action sont entre le pouvoir de l’État fédéral pour la réalisation des objectifs généraux de l’État. Il est important de relever cette voie qui met le chef de l’État en face des populations comme étant celui-là qui apportera des solutions à leurs problèmes et préoccupations ; ce qui va ainsi ouvrir la voie à des institutions fortement centralisées :

« UN LIEN DIRECT ENTRE LE CHEF DE L’ETAT ET LES POPULATIONS ; le Chef de l’État chargé de

la conduite des affaires gouvernementales avec les ministres nommés par lui et responsables devant lui. Au premier Octobre 1961, date officielle et solennelle de la Réunification et de la naissance de l’État Fédéral, comme déclare le Président de la République, « il ne saurait être question de sortir du néant. Toutes les institutions prévues par la Constitution doivent être en place ». Mais, vont prévaloir d’autres arguments comme cela ressort du discours du Président : « ce serait impossible car la vie des États ne s’accommode pas facile- ment des transformations brutales. La République du Cameroun comme le Cameroun Méridional, possèdent des institutions qui ne sauraient disparaître du jour au lendemain. C’est pourquoi il a été prévu qu’elles se fondraient dans le moule constitutionnel en s’adaptant aux nouvelles structures de l’État. »

Des échanges et débats et des différents textes qui vont aboutir à la première Constitution du Cameroun, n’apparaît pas clairement l’importance donnée aux aspects administratifs et traditionnels qui sont déterminants comme mobilisateurs et sources d’éducation des populations dans la vie et l’expression des institutions. Au bout de ce qui est arrêté politiquement, il y a l’aspect administratif qui préside à l’organisation et à la traduction dans les faits des décisions politiques et à l’effectivité des différents organes en charge de l’exercice de l’autorité de l’État depuis le pouvoir central au niveau national jusqu’au niveau local où les autorités administratives doivent être en symbiose avec les populations et les institutions locales et œuvrer pour faire remonter les informations aux autorités politiques pour des actions constructives où les populations se reconnaissent en étant des partenaires parties prenantes.

LES DIVERSITES HUMAINES GEOGRAPHIQUES OBLIGENT LA CULTURE DU DIALOGUE ET DES APPROCHES CONSENSUELLES POUR MAINTENIR ET CONSOLIDER L’UNITE

Puis dans notre société et la nation naissante il y a des héritages traditionnels divers suivant les groupes humains, suivant les régions géographiques qui sont autant d’éléments importants, fondamentaux à gérer et pour lesquels des mesures particulières doivent être prises pour leur efficacité dans le cadre du nouvel État. Ceci d’autant plus que le phénomène colonial aura été déterminant dans la situation que connaît-le Cameroun en marche pour son indépendance et la réunification. L’administration et les agents intervenant et animant la vie administrative sont formés et tournés vers la satisfaction des intérêts de la Métropole. Les aspects administratifs bien que très importants ne font pas l’objet des préoccupations particulières pour rejaillir dans la Loi Fondamentale ou donner le ton fort aux pratiques dont les grandes lignes sont en train d’être arrêtées. C’est que le Cameroun, du fait de sa partition a à gérer trois réalités fortes : l’héritage africain, l’héritage anglophone, l’héritage francophone ; ce dernier est marqué par la politique de « l’assimilation à la mère patrie » bien que le Cameroun ne soit pas une colonie française, avec une administration autoritaire. En effet l’idée coloniale de la France après 1870 et la victoire de la Prusse conduisant à la célébration de l’unité allemande sur le territoire français et à sa grande puissance en Europe, est de se prouver comme Grande puissance. Aussi rien n’est fait sur le plan administratif pour qu’émergent des forces affirmant l’identité des populations des territoires colonisés.

Les deux délégations qui se retrouvent à Foumban ont-elles perçu tout cela s’agissant aussi bien des franco- phones que des Anglophones ?

Nous pouvons dire oui car les méthodes d’approches ouvrent la voie de l’originalité camerounaise, avec le principe de dialogue, des concertations aboutissant à un consensus prouvant que les Pères fondateurs étaient conscients du travail à abattre avec sérénité, en confiance avec la vision forte de l’identité et de la personnalité du Cameroun, République des droits humains comme le veut son histoire.

Avec les Anglais la situation est toute différente et tout se prête à la construction d’un État Camerounais ayant son identité, sa personnalité ; en effet quand ces derniers viennent en Afrique après des épreuves en Amérique où ils ont perdu leurs colonies à la suite d’une longue guerre, ils mettre l’accent sur le commerce et l’exploitation des richesses qu’offrent les territoires africains ; tout cela se ressent sur l’administration, sur les appareils administratifs mis sur pied avec le principe de l’ « Indirect Rule » où sont exploitées les structures traditionnelles et les coutumes en vigueur et opérant avant la colonisation. Il se construit une atmosphère de confiance et de responsabilisation ici. Va-t-on en tirer la leçon à Foumban ? Le discours le prévoit mais la réalité sera autre.

Il faut le savoir pour en tirer des leçons. Aussi dans la phase de construction de la Nation que nous connais- sons, nous devons en tenir compte partant ainsi des deux approches différentes en ce qui concerne les aspects traditionnels :

A Foumban, il y a :

–          Dans la délégation du Cameroun Méridional une composante traditionnelle forte : « House of Chiefs

» qui s’inspire de la chambre des lords en Grande Bretagne ; ici c’est l’autorité traditionnelle dans toutes les réalités de ses origines et des héritages ancestraux.

–          Dans la délégation de la République du Cameroun, cela n’apparaît point. C’est que la politique française aura été de réduire l’autorité des grandes familles traditionnelles et, cela, en créant des nouvelles institutions qualifiées toujours de traditionnel mais avec des nouvelles dénominations : Chef de Village, chef supérieur qui sont des auxiliaires de l’Administration.

–          Il y a là une autre réalité et les approches réalistes et consensuelles des Pères fondateurs permettent d’assumer tous ces héritages aujourd’hui. Avec le recul du temps nous nous rendons compte quant à ce qui peut être fait lorsque nous réalisons qu’à Foumban, il y a d’un côté des chefs traditionnels auxiliaires de l’administration qui n’apparaissent pas comme forces dans la délégation de la République du Cameroun qui, organisée en État avec un Exécutif fort ne donne pas d’autres voies aux autres Institutions.

Ainsi nous sommes dans la situation où peu de cas sera fait des aspects traditionnels ; et cela d’autant plus que les formations politiques qui émergent au centre des actions redoutent les autorités traditionnelles.

Chez les anglophones il y a des bases fortes, intéressantes tirées de l’expérience de la Chambre de Lords en Grande Bretagne qui auraient pu inspirer des approches plus conséquentes en ce qui concerne ce qui est attendu des valeurs traditionnelles comme sources des germes d’affirmation de l’identité, de la personnalité.

Les Chefs traditionnels dans l’approche qui est déroulée vont être étouffés. Cet étouffement est accru par le fait que la délégation du Cameroun Oriental n’a pas une composition où des chefs organisés s’affirment. Plus que cela l’état des rébellions à l’ouest particulièrement où des chefferies souffrent ne permet point des développements comme ce qui apparaît avec la Délégation du Cameroun Méridional.

Dans les discours et dans les résultats ce qui fait ressortir l’importance des aspects administratifs et traditionnels est absent comme préoccupation majeure et, cela, plus encore, dans les textes de la Constitution qui va être adoptée.

Il est intéressant de lire ce que disent les discours et les textes ainsi que les développements qui vont suivre dans la pratique de l’exercice de l’autorité de l’État où la dimension francophone dominant, créé un vide car la dimension anglophone forte est une réalité qui donnera naissance à une source des problèmes qui demeurent. Tout cela avec des confusions qui sont cultivées et entretenues et par les autorités administratives et politiques qui, s’éloignant de leur mission constitutionnelle républicaine se mettent au service de certains chefs traditionnels qui s’éloignent de leur rôle dans le contexte républicain d’être des responsables appelés à être les gardiens des valeurs traditionnelles et non des traditions de jadis ne respectant pas toujours les droits humains. Il s’instaure ainsi tout un système faisant souffrir les institutions républicaines démocratiques.

A Foumban tout est mis en place pour y remédier et faire qu’émergent les valeurs traditionnelles en harmonie avec les valeurs républicaines et, ainsi, partageables par tous les Camerounais et les êtres humains. Les voies sont ainsi tracées pour les deux parties du Cameroun pour une dynamique de construction de l’unité avec la riche diversité qui fait de notre pays cette Afrique en miniature.

COMBLER LES AUTRES VIDES CREUSES PAR LE PARTI UNIQUE EN REDUISANT LE CAPITAL DIALOGUE CITOYEN RESPONSABLE ET, EN CONSEQUENCE VRAI, DIRECT

Tout ceci bien que le Cameroun Oriental ne se soit pas exprimé par une présence organisée des chefs traditionnels ayant une tradition de corps organisé comme au Cameroun Occidental. En fait, lors de la rencontre de Foumban il n’est pas question de royaume car cela n’est pas prévu par la Constitution. Il se trouve comme conséquence une porte laissée ouverte en 1961 aux interprétations remettant en cause la dynamique apportée par les Chefs du Cameroun Occidental ; cette situation ambiguë sera consolidée avec le parti unique qui va installer dans le non discours dialogue-partage ; ce qui éloigne du vrai, du bien et du beau qui doivent présider toutes les situations et les mutations sociales et les comportements humains cultivés et entretenus par les principes républicains et démocratiques. La réduction du droit à l’expression franche et libre va amplifier la réduction du droit de vote, le devoir de vote facilitant ainsi l’accès et le maintien au pouvoir de ceux et celles pour qui il n’y a point de préoccupations, de soucis pour asseoir l’égalité entre tous les citoyens.

Les Grandes Pages de l’histoire du Cameroun invitent toutes les générations depuis l’accession à l’indépendance à faire vivre et cultiver une République des droits humains, un État au service de la dignité humaine, un État mettant l’être humain au centre de tout sans considération de frontières quelles qu’elles soient.

Il est question d’éliminer toutes les sources génératrices de Récriminations car il demeure des chefs des familles traditionnelles qui s’en tiennent aux pratiques ancestrales qui peuvent décréter la condamnation, voire l’exécution, l’expropriation sans autre considération, sans procès ; puis il se trouve des administrateurs républicains qui appuient ces pratiques rêvant pour certains d’être des autorités traditionnelles.

Il est question d’éliminer des pratiques conduisant à la Personnalisation du pouvoir, au culte de la personnalité, à la culture des inégalités, des discriminations entre les fils et les filles d’une même famille, de la famille humaine.

De là, la très grande importance et la nécessité impérieuse d’acquérir le savoir, le savoir-faire, le savoir être pour être et agir ensemble. Ce qui met l’éducation, la formation au tout premier rang avec l’intervention des différentes disciplines scientifiques et techniques dans la mise en place des Institutions de la République ResPublica – Chose Publique-.

Tout cela devant être réalisé et cultivé par toutes les catégories d’acteurs dans notre Société, dans la Nation Camerounaise pour que chacun, chacune, à son niveau quel qu’il soit, dans sa vie, réalisent et assument qu’en politique le but de l’État étant de rendre les citoyens heureux et vertueux grâce aux Lois acceptées, respectées. IL y a ainsi tout un Nouveau Contrat Social à respecter.

Au Sortir de la Conférence de Foumban en Juillet 1961 tout était en place pour cette Dynamique pour ce Nouveau Contrat Social.

Aujourd’hui, Bamenda et Buea nous interpelle pour appliquer ce Nouveau Contrat Social qui est désormais pour tous les camerounais, pour tout le Cameroun et pour l’Afrique.

Dr Adamou NDAM NJOYA à Foumban 30 Avril 2013

-V-

APPEL DU PRESIDENT NATIONAL DE L’UDC FACE A LA CRISE QUE CONNAIT NOTRE PAYS AU NORD OUEST ET AU SUD OUESTLE CAMEROUN PAR NOUS TOUS, LE CAMEROUN POUR NOUS TOUS,

Toute confrontation, toute guerre, quelles que soient leurs causes finissent toujours par amener les belligérants autour d’une table, et, au-delà, à vivre ensemble. Alors, anticipons en tirant la leçon de l’histoire et de notre propre histoire qui nous interpelle : c’est nous tous, nous toutes qui devons construire le Cameroun et c’est nous tous, nous toutes qui devons gérer et distribuer tout ce que nous produirons comme partenaires parties prenantes.

Voilà, chers compatriotes, ce que, nous avons hérité de notre riche histoire. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, des communautés humaines ont convergé, avec leurs riches diversités, pour constituer une Nation partageant en commun des valeurs enracinées dans notre Continent qui a vu, par la grâce de Dieu, la naissance des premiers êtres humains.

A ce qui est ainsi profondément africain, vont s’ajouter pendant un temps très bref les germes distillés par la colonisation qui, voulant transformer l’être humain en bouleversant ses racines, vont éveiller la conscience du permanent combat pour affirmer ses racines, son identité, sa personnalité.

Par la grâce divine, échappant aux forces de la dépersonnalisation coloniale malgré des apports positifs, voilà le Cameroun, devenu Territoire International, administré sous le contrôle de la Société Internationale par les Anglais et les Français, voilà les camerounais, ayant voix au chapitre par les droits qui leur sont reconnus de contester la gestion des puissances mandataires, puis de tutelle.

•          De 1919 à 1960, les Camerounais connaissent ainsi la voie du dialogue, de remise en question des autorités administrant pour les amener à une gestion respectant les droits humains. Ainsi s’affirment la personnalité du Pays et des sources d’enrichissement de notre patrimoine culturel matériel, immatériel,

apportant à notre pays des germes, des fondements humanisant forts faisant du Cameroun cette Afrique en Miniature, nous élevant, fils et filles des générations présentes et à venir au rang d’ acteurs et d’actrices pour asseoir l’image de ce que l’Afrique doit être : Havre original de paix, d’amour, de mobilisation des riches particularités humaines dans l’harmonie.

•                       Les Nationalistes de tous bords l’ont compris et, au tournant décisif, au sortir du Régime International de Tutelle pour accéder à l’Indépendance, Les Pères Fondateurs, provenant de tout notre pays, porteurs de nos héritages anglophones et franco- phones greffés sur le fond africain, nous ont laissé par la leçon de l’exemple un héritage précieux : LE DIA- LOGUE, LA CONCERTATION pour asseoir et les fondements politiques, juridiques et les formules pour les constructions, les mutations politiques, et dans tous les domaines et tous les secteurs de vie et d’activité dans notre pays. Ainsi est né sur des principes forts, porté par un puissant fond éthique, le Cameroun indépendant réunifié.

CET HERITAGE DEMEURE.

  • Tous les protagonistes aujourd’hui, en commençant par les gouvernants, ceux qui aspirent à gouverner, la Société Civile, les Médias, les amis du Cameroun, tout le monde doit le faire vivre.

Par cette voie DE DIALOGUE ET DE CONCERTATION reviendront, LA PAIX, L’HARMONIE pour l’épanouissement du Génie Camerounais nourri des riches particularités, des riches diversités humaines, culturelles. Celles-ci, sont exaltées et mises en exergue pour leur protection, leur épanouissement par les Pères Fondateurs en Juillet 1961 à Foumban et renforçant l’originalité du Cameroun comme Afrique en miniature.

Au moment où nous revenons, comme un peu partout dans le monde, aux valeurs universelles de la Démocratie pour enraciner, consolider ensemble la République, l’unité nationale, les forces s’y opposant font leur travail, des faucons de tous les côtés guettent. Mais le génie du dialogue et de la concertation né des Pères Fondateurs est toujours présent, actif : il s’est réveillé fortement avec la TRIPARTITE : avec l’esprit des Pères Fondateurs éveillé dans toutes ses profondeurs, avec toutes les sensibilités sociales politiques, économiques, culturelles, nous avions planté l’arbre de la paix pour l’affirmation du Cameroun multiculturel, bilingue, multilingue, oui, ce Cameroun admiré, inspirant en Afrique et dans le monde de par son bilinguisme anglais et français, de par son multiculturalisme africain ; oui ce Cameroun qui, par l’engagement et les actions de chacun de ses fils, de chacune de ses filles doit se redresser et repartir sur ses riches bases humaines.

Les héritages de notre histoire, les Pères Fondateurs nous disent de ne pas laisser la place aux faucons mais de nous mobiliser pour la République, pour l’Unité nationale, forte et puissante de ses riches diversités, de ses riches héritages africains, européens auxquels s’ajoutent ceux des autres régions du monde.

LE CAMEROUN PAR NOUS, LE CAMEROUN POUR NOUS TOUS

Que cet éclairage soit aussi un appel pour se mobiliser pour l’Unité nationale ouverte au le reste de l’Afrique et du Monde.

Dr Adamou NDAM NJOYA

-VI-

APPEL DU DR ADAMOU NDAM NJOYA

1er Octobre 1961 – 1er Octobre 2017

CINQUANTE SIXIEME ANNIVERSAIRE DE L’UNITE NATIONALE : JOUR DE PAIX, DE PARTAGE, D’AMOUR….

VOILA CE QUE DOIT ÊTRE CE JOUR DANS L’HISTOIRE DU CAMEROUN : CE JOUR CONSACRE QUE LE CAMEROUN EST PAR NOUS TOUS ET POUR NOUS TOUS

JOUR DE GRANDE ALLEGRESSE, DE BRISE D’AMOUR, DE PAIX, DE CONFIANCE ET D’HUMILITE ENTRE LES FILS ET LES FILLES DU CAMEROUN EN PARTAGE AVEC LES AMIS ET LES PARTENAIRES D’AFRIQUE ET DU MONDE ENTIER …

Ce jour était très attendu par les Camerounais par les peuples du monde de la Société internationale organisée pour la paix, la dignité humaine à asseoir durablement, profondément.

Nous devons ainsi réaliser que le 1er Octobre ne peut point être choisi pour la destruction de cet important et précieux acquis historique ou être celui de cri de victoire d’un groupe contre l’autre ou d’une personne contre l’autre.

Le 1er Octobre, chaque année dans notre cher et beau pays, doit être celui de grande allégresse dans la grande humilité fraternelle entre les fils et les filles du Cameroun. Ce jour ne doit pas être celui de tristesse, d’amertume de haine dans les cœurs.

PRENDRE LES EVENEMENTS DE NOVEMBRE 2016 A OCTOBRE 2017 COMME UN ECLAIRAGE POUR NOUS RESAISIR, POUR LE CAMEROUN PAR NOUS TOUS, POUR LE CAMEROUN POUR NOUS TOUS

Ce que nous avons vécu tout au long des mois depuis Novembre 2016 jusqu’au 1er Octobre 2017 doit être perçu désormais comme une source de grandes leçons nous interpellant, fils et filles du Cameroun, pour nous mobiliser dans la voie de la culture de la fraternité, de l’amour, de la paix par le dialogue concret, suivi, les concertations permanents en reconnaissant que l’être humain versatile, oublieux, doit, sans cesse, rendre grâce à DIEU, recourir à LUI de tout son cœur et, cela, dans toute la pureté qu’il incarne comme acteur animé par le souffle de vie insufflé par le Créateur qui, ne l’a point enchaîné ; oui le Créateur qui nous laisse dans toute la liberté pour nous situer par nos propres actes, nos propres pensées comme l’expression de L’image de DIEU que chaque personne, que nous sommes, de par la volonté de DIEU…

Pour tout cela, réaliser que l’être humain devant en permanence être tiraillé entre les forces généreuses et les forces égoïstes, entre les forces du mal et les forces du bien, la société se doit de développer la culture où il doit être son propre arbitre, où l’être humain doit être son propre juge et œuvrer pour une société de justice, de liberté, de partage pour la création, la production et des fruits par le travail de chaque personne et par le travail de toute le Société. Les problèmes que nous connaissons dans notre pays se sont envenimés parce que nous n’avions pas suivi cette voie pourtant tracée par les Pères Fondateurs, par notre histoire, par nos héritages.

NOTRE HISTOIRE, NOS HERITAGES NOUS SITUENT SUR LE CHEMIN DES PARTENAIRES PARTIES PRENANTES

Les Camerounais et les Camerounaises ont ainsi tout pour être, dans tous les domaines de la vie, dans tous les secteurs d’activités, non seulement des partenaires parties prenante, mais aussi ceux cultivant cette leçon d’être l’ancrant dans la nature de chaque personne et dans la nature, la vie et l’expression de la société camerounaise.

Notre histoire, nos héritages nous inscrivent dans cette voie. Ce que nous avons vécu de Novembre 2016 à Octobre 2017 nous interpelle dans notre chair, notre esprit, notre cœur pour nous engager dans le Chemin des Héritages, du Contemporain, du Présent, de l’Environnement, du Devenir pour être plus que jamais des Fils et des Filles, des Camerounais et des camerounaises, patriotes, démocrates, républicains, citoyens et citoyennes engagés dans la voie du développement humanisant durable.

LE 1er OCTOBRE GRAND JOUR DE L’ABOUTISSEMENT TANT ATTENDU A AIMER, CELEBRER, PROTEGER

Le Premier Octobre est ce grand jour d’aboutissement de la longue attente du Cameroun, des Populations Camerounaises : en ce jour-là est né le grand bonheur et s’est dressée la pierre éternelle de la maison commune Cameroun, après la division des fils et des filles et du pays au sortir de la Première Guerre Mondiale : se retrouver entre camerounais sur le Territoire Camerounais, quelles merveilles et quelle source merveilleuse à aimer, célébrer, protéger. Aussi ce jour de grand bonheur doit-il aussi être celui de grande humilité où, croyants, que nous sommes, nous nous devons de rendre grâce à DIEU. Oui rendre grâce à l’Éternel pour avoir bien voulu que des communautés humaines, africaines riches de leur histoire chacune et de leurs diversités culturelles et des héritages ancestraux se retrouvent pour commencer une nouvelle aventure. Oui une aventure qui commence avec les Puissances Coloniales qui regroupent ces communautés humaines sou- vent des véritables États organisés au sein d’un ensemble. Rendre grâce à DIEU qu’à l’issue de la Première Guerre Mondiale, le Cameroun et le Peuple Camerounais naissant comme entités sortent des lois coloniales pour être un Territoire International avec des populations gérées sous la protection de la Société Internationale que les Nations Européennes, Américaines, sortant de la Grande guerre meurtrière, tirant les leçons, organisent ; ceci pour asseoir la paix avec des lois et des principes de paix, de respect de la dignité humaine. Nous ne devons pas oublier que tout cela contribue à renforcer notre unité avec toutes nos diversités culturelles.

LE 1er OCTOBRE JOUR DE L’AFFIRMATION DU CAMEROUN, ENFANT DE LA SOCIETE INTER- NATIONALE BÂTIE POUR LA PAIX, LA DIGNITE HUMAINE, LE DIALPGUE, LE PARTAGE, LE CAMEROUN PAR NOUS TOUS, LE CAMEROUN POUR NOUS TOUS.

Ainsi le Cameroun et les Camerounais vont d’abord être sous la Société des Nations avec le Régime de Mandat International puis, après la Deuxième Guerre Mondiale, sous l’Organisation des Nations Unies avec le Régime de Tutelle Internationale vouée à la disparition pour donner naissance à un pays indépendant.

Cela doit être présent à l’esprit pour, en permanence, nous éclairer, nous montrant d’où nous venons afin de mieux avancer avec tous les puissants héritages accumulés tout au long de notre riche histoire.

UNE TRADITION DE PARTICIPATION DES CAMEROUNAIS A LA GESTION DU CAMEROUN

Les Fils et les filles, les camerounaises et les camerounais ont voie au Chapitre de la gestion de leur territoire, de l’organisation et de la vie de leur administration, de tout ce qu’entreprennent les Autorités Français- es et Anglaises sous le Régime du mandat de la SDN d’abord puis sous celui de Tutelle de l’ONU ensuite.

Les camerounais participent par les pétitions, les réclamations, les auditions pour le respect par les puissances en charge de la gestion du pays des termes du mandat et puis de la Tutelle et du suivi de la marche conduisant à l’indépendance. Tout cela constitue une école de la Démocratie, de la liberté de choix et d’expression, tout cela constitue des assises de la Res Publica où chaque personne agit comme sujet et actrice tout en étant, objet de droit.

ET LES PERES FONDATEURS CONSACRENT L’UNITE NATIONALE

Les Nationalistes sous les différentes formes de manifestations vont assumer et amplifier tout cela qui aura son apogée en juillet 1961 à Foumban ; ceci après des longues et précieuses concertations, des échanges sereins à Yaoundé, à Buéa par ceux qui vont s’affirmer comme Pères Fondateurs de notre nation. En effet les bases juridiques du Cameroun sont arrêtées et puis comme les sociétés sont en perpétuelles mutations, les méthodes à suivre pour avancer sont aussi fixées : Concertations, Dialogues pour faire vivre les diversités africaines héritées des ancêtres, les particularités anglophones et francophones héritées du régime international du Mandat et de la Tutelle. La rencontre pendant 40 années avec les langues et les cultures anglaises et françaises donnent un grand plus au Cameroun avec son fond humain, culturel profondément africain.

Cette grande originalité, admirée en Afrique et dans le monde entier aux premières heures des indépendances africaines, demeure et doit être amplifiée. Par son bilinguisme et ses diversités culturelles africaines, le Cameroun jouait un grand rôle sur la scène internationale : cette place doit être reconquise et s’affirmer.

LE CAMEROUN PAR NOUS TOUS, LE CAMEROUN POUR NOUS TOUS

Le 1er Octobre est ainsi ce jour retenu pour marquer, dans toute la grande solennité, le retour à l’unité du pays, du Territoire, du peuple et l’engagement pour construire ensemble la Maison Cameroun : Afrique en miniature.

Avec le 1er Octobre 2017, c’est le nouvel aboutissement en tirant la leçon du passé : ENSEMBLE BATIR : LE CAMEROUN PAR NOUS TOUS ; ENSEMBLE PARTAGER LES FRUITS DE NOTRE MOBILISATION POUR PRODUIRE : LE CAMEROUN POUR NOUS TOUS.

REMEDIER LE MAL NE SUR LE TERRAIN DANS LA CONCRETISATION DES RICHES ACQUIS : VOILA LE FONDEMENT DE L’INDISPENSABLE DIALOGUE ENTRE CAMEROUNAIS

Voilà ce que nous devons comprendre car nous y invitent note histoire, nos héritages dont les acquis positifs demeurent et vont revivre plus profondément encore. En effet, les problèmes d’aujourd’hui sont nés parce que des gouvernants se sont écartés du CHEMIN DES HERITAGES tracés en Juillet 1961 ; en effet ce chemin ne pouvait tenir et ne pouvait être suivi qu’avec des actes quotidiens de gestion du pays, avec des implications fortes de tout le monde sur le terrain ; ceci pour ne pas détruire les riches diversités qui veulent la mobilisation de tout le monde, la participation de chaque personne pour les choix des acteurs essentiels à travers des élections justes, transparentes par le Peuple Souverain ; le chemin ne pouvait être suivi qu’à travers un contrôle objectif et une évaluation continue par des organes rompus dans la bonne gouvernance pour la gestion du bien commun, de la Chose Publique pour que le Cameroun soit par tous et pour tous.

Il y a ainsi des bases fortes pour le dialogue où nul ne doit être exclu. La tripartite trente années après Foumban en Juillet 1961 est une bonne leçon. Pour la voie à suivre et puis, les problèmes au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, sources des revendications et des révoltes entraînant des victimes sous des formes diverses, constituent une grande leçon à suivre. En effet nous devons comprendre la très grande importance du respect des résultats atteints dans les concertations, les dialogues qui, en 1961 sont des précieux acquis à poursuivre sur le terrain avec les populations.

La paix et l’harmonie au Cameroun passent par là car, ainsi vont s’affirmer ce qui est dans la nature et l’histoire du Cameroun, du peuple Camerounais:

LE CAMEROUN PAR NOUS TOUS, LE CAMEROUN POUR NOUS TOUS

Dr Adamou NDAM NJOYA

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