Interview réalisée par Monsieur Dieudone Ogbwa pour la CRTV RADIO le 17 Octobre 2013

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Question : Madame le Député, toutes nos félicitations : pouvez-vous nous donner vos 1ères réactions suite à la Proclamation des résultats par la Cour Suprême en lieu et place du Conseil Constitutionnel ?

Réponse : A l’Union Démocratique du Cameroun, nous disons que la proclamation des résultats n’est qu’une autre étape… Reste le travail à mener à l’Assemblée Nationale, afin que celle-ci exerce la mission que le peuple souverain a confié à ses élus.

Si la grande préoccupation reste la lutte contre la pauvreté, la formation, l’éducation et l’encadrement des jeunes, la création d’emploi, la question du genre, l’organisation de la famille, l’autre grande priorité à l’UDC sera l’effectivité de l’éthique en politique, de la morale politique et particulièrement en ce qui concerne les élections où s’imposent la nécessité et l’urgence de revoir les textes afin que les mécanismes, les acteurs, les animateurs des élections, depuis les inscriptions jusqu’à la proclamation des résultats soient neutres. Ces élections ont été en effet caractérisées par une forte implication des éléments extérieurs qui viennent influencer le processus électoral et fausser le vote à travers les intimidations ou la corruption.

Question : C’est pourtant vous qui avez voté le Code Electoral : Comment déjà dire qu’il doit être changé ?

Réponse : Monsieur OGBWA, vous êtes témoin oculaire que ce Code Electoral n’avait été adopté que par le Parti au Pouvoir à l’Assemblée Nationale. Nous l’avons relevé de tout temps, il n’est pas le résultat du consensus souhaité et même obligé en vue de l’acceptation des règles du jeu par toutes les parties prenantes. Elecam a montré qu’il était en deçà de ce qu’on pouvait s’attendre de lui. Les textes qui l’organisent constituent le premier blocage, les acteurs qui sont en charge de l’application de ces textes sont majoritairement engagés pour le Parti au pouvoir, les actions qu’ils posent alors, partisanes, sont le deuxième motif appelant à revenir sur notre demande de depuis 1991 à savoir la mise sur pied d’une véritable CNI, Commission Nationale Indépendante.

Question : Lors de la dernière législature vous étiez 4 députés à l’UDC, vous revenez avec 4 députés encore. Est-ce à dire que vous n’évoluez pas ?

Réponse : Quelle vue de l’esprit ! Il y en a des partis politiques qui, après des élections, ont disparu complètement de la scène politique, de l’Assemblée Nationale. Avec tout ce qui a été déployé sur le terrain par nos adversaires avec la complicité d’Elecam, ceux là doivent être surpris de nous voir revenir ! Ceci dit, nous avons relevé le problème d’éthique en matière électorale, le problème des textes, des acteurs en charge de l’organisation du vote qui discréditent les résultats.

Question : Que pensez-vous que vous allez faire devant l’écrasante majorité du RDPC ?

Réponse : A quoi sert cette majorité écrasante du RDPC depuis plus de 30 ans sinon que de se maintenir au pouvoir par sa confiscation ? Les problèmes de pauvreté, de santé, d’éducation….restent pendants. Nous ne sommes que 4, même si l’UDC n’avait qu’un seul député, celui là continuerait d’être écouté par la grande majorité des citoyens et citoyennes qui ne sont plus dupes devant les manifestations de plus en plus déloyales du système en place, en vue du pouvoir pour le pouvoir, de la politique politicienne, et, les conséquences sont là, un pays qui peine, malgré les richesses dont il regorge, à avoir une croissance effective : nous ne parlerons pas de deux chiffres, ce serait mettre la barre trop haute ; mais une croissance évolutive.

Question : Vous avez pourtant porté des recours à la Cour Suprême qui ont été déboutés…

Réponse : Cela ne nous surprend pas. D’abord comment expliquer que depuis 1996 le Conseil Constitutionnel soit prévu par la Constitution et qu’au jour d’aujourd’hui ce soit toujours la Cour Suprême qui siège en ses lieux et places ? La question de la neutralité de ces magistrats se posent, au regard de leur nomination par la Président de la République, Président National du RDPC.

Merci Madame le député, nous vous souhaitons bon vent

Merci Monsieur, nous avons apprécié le partenariat qui a fonctionné lors de notre dernier mandat et espérons mieux encore cette fois, afin que médias, partis politiques et société civile, les trois catégories d’acteurs puissent mener à bien leurs missions pour la construction d’un Cameroun Prospère.

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