DECLARATION A L’OCCASION DU 20 EME ANNIVERSAIRE DE LA REMISE DE L’ARBRE DE LA PAIX AU DR ADAMOU NDAM NJOYA A LA TRIPARTITE 13 NOVEMBRE 1991-13 NOVEMBRE 2011.

Yaoundé 13 Novembre 2011

Des Actes qui, posés, tout en situant au centre des actions et des activités continues de production et de formation, ont cette profonde signification comme symboles vivants et éclairants qui défient et le temps et l’espace. Tout cela simplement parce qu’ils touchent l’essence humaine dans ce qu’elle a de profondément intérieur et riche comme dynamique de construction tout en éclairant pour les idées et les actions à mener à quelque niveau que ce soit et par chaque personne et par tout le monde. Il en est ainsi de l’acte posé par les femmes le 13 Novembre 1991 à la fin des Assises de la Tripartite qui allait voir le Cameroun sortir des gouffres de la guerre civile après des semaines des villes mortes, de l’état d’urgence, des violences qui avaient entraîné des victimes humaines , des destructions des biens, le développement des haines entre les fils et les filles d’un même pays. Les faucons de tous bords s’étaient réveillés et avaient aiguisé, pêcheurs en eaux troubles, les armes de guerre quand est née l’idée de dialogue, de la rencontre où les partis politiques, la société civile représentés par leurs dirigeants et le gouvernement représenté par le Premier Ministre se retrouvèrent au Palais des Congrès dans la Salle qui, depuis lors est baptisée Salle de la Tripartite.

La tripartite qui a ouvert une grande page de l’histoire du Cameroun. En effet, les conclusions auxquelles les participants aboutirent, en situant le Cameroun dans la voie du dialogue entre les différentes catégories d’acteurs dans la société et plus particulièrement les acteurs politiques, évitèrent au pays les affres de la Guerre civile  en jetant les bases saines pour la consolidation de la République et de la Démocratie. Les points forts en ce qui concerne la réforme de la constitution sont arrêtés : Le Parlement composé d’une Assemblée Nationale et d’un Sénat dont les membres sont élus au suffrage universel, au scrutin majoritaire à deux tours, le Président de la République élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois au scrutin majoritaire à deux tours. Deux tours permettent de dégager une majorité et des alliances qui réunissent les différentes opinions et aspirations des populations, qui vont ainsi se reconnaître dans les élus, puis un Vice Président de la République; un gouvernement avec un Premier Ministre Chef de Gouvernement responsable devant le Parlement, la création du Conseil Constitutionnel, de la Cour des Comptes, la Décentralisation…etc. (Voir en attaché les Conclusions de la tripartite qui traitent aussi de la communication et de la liberté d’expression et des médians, puis des élections, de la libération des détenus politiques…).

Avec la Pérestroïka, la Déclaration de la Baule, le monde connaît un vent de liberté et démocratisation et cela est d’autant plus fort au Cameroun que les pressions  ont toujours été présentes et soutenues dans un pays qui, dans le fond a un parti unique de facto car la Constitution a toujours reconnu aux formations politiques leur participation à l’expression du suffrage universel. Depuis 1947 il y a la pratique démocratique au Cameroun avec des formations politiques et, même écarté de l’action sur le terrain,  le grand parti nationaliste UPC va continuer à être présent dans les esprits et les calculs politiques.

Lorsque,  en Novembre 1991, le tournant est pris, les acteurs qui sont au pouvoir y sont depuis novembre 1982, moins de dix ans ; ils n’ont pas encore eu le temps de ficeler tous les rouages du pouvoir pour leur donner les orientations qu’ils veulent sans tenir compte de l’opinion nationale et internationale. Les tentatives des coups d’Etat et la répression vont ouvrir la voie aux faucons et au durcissement après moins de trois années de gouvernement. Des éléments qui n’apparaissaient plus comme influençant négativement la vie politique refont surface : les tribus, la religion. On passe de la Garde Républicaine à la Garde Présidentielle, ce qui veut tout dire ; lorsque à travers le monde souffle le vent de la liberté, de la démocratie et du dialogue, des croyants militants du parti unique au pouvoir vont, non seulement organiser des marches et des manifestations à travers le pays mais aussi organiser qui, les cultes et messes d’action de grâce dans les Cathédrales Eglises et Temples, qui, des prières dans les mosquées pour la confirmation par Dieu du rejet du multipartisme qu’ils affichaient et défendaient mordicus.

La tripartite qui intervient moins de dix années après le changement à la tête de l’Etat et dans le contexte où les positions se cristallisent, la violence apparaissant comme seule voie pour résoudre les problèmes politiques et de gouvernement, vient comme pour créer les bases harmonieuses d’un nouveau départ.

Une image très forte, celle des femmes qui entrent dans la grande salle en chantant, demeure dans mon esprit et, sans aucun doute dans les esprits de tous ceux et de toutes celles qui étaient venus à la tripartite comme parties prenantes soucieuses de la construction du Cameroun sur du Roc. En effet, aux termes des travaux, sans crier garde, fit irruption dans l’enceinte qui avait connu tout au long le silence de huis clos, un cortège impressionnant composé des femmes qui avaient participé à la Tripartite ; il était sous la conduite de la première femme camerounaise qui entra dans la politique par la grande porte avant l’indépendance et qui, dès les premières années de notre souveraineté s’était illustrée comme  Parlementaire de choc, Madame Julienne Keutcha. En dansant et chantant, le cortège apportait une note de gaieté et d’espoir, réservant une courte surprise qui allait être levée lorsque après avoir fait quelques tours dans la salle, les femmes se dirigèrent vers le siège du Président National de l’UDC et lui remirent l’arbre de la paix. Il y a, aujourd’hui le Dimanche 13 Novembre 2011, vingt années jour pour jour.

Des Actes qui ont une telle portée demeurent et continuent de porter des fruits et de nourrir pour les missions nobles de construction de la société, de l’harmonie dans les rapports humains à l’intérieur et hors des frontières hérissées par les êtres humains. Nous ne devons pas l’oublier et, célébrer un tel acte est un grand devoir, un impératif ; ceci d’autant plus que les problèmes qui nous réunirent ne sont pas résolus et demeurent ces sources des déchirements entre les fils et les filles du Cameroun.

Le premier acte en ce jour d’anniversaire, c’est de penser à ceux qui furent là et qui ne sont plus et aux femmes qui, nourries par l’essence qui les caractérisent comme porteuses de vie, comme mères, eurent l’idée de célébrer ainsi la paix en nous invitant à toujours œuvrer pour la paix, pour l’amour.

L’UDC est cette formation politique de l’Ethique qui se veut porteuse de la paix et Actrice pour le triomphe des messages profondément humains dont ont besoin et le Cameroun et l’Afrique et le monde où nous souffrons des crises économiques, sociales, culturelles qui ont à la base la crise des valeurs : le non respect de la dignité humaine, le manque de compassion, l’égoïsme, la jalousie, l’hypocrisie, les haines tout cela entraînant cupidité, corruption, fraudes…etc. autant de phénomènes qui minent les êtres humains de l’intérieur empêchant l’être humain de cultiver la paix dans leur cœur pour la développer autour d soi, dans la société.

Face à tout cela, il y a des qualités qui caractérisent l’être humain et parmi elles la générosité, l’amour, la compassion…etc. qui, partagés se doivent d’être cultivés. Un Anniversaire comme celui-ci vient pour créer les bases profondes pour cette culture car nous avons à faire à des êtres humains avec leurs défauts et leurs qualités, avec leurs humeurs changeantes pouvant pousser à construire comme à détruire. Avec la République et la Démocratie sont mises en fonctionnement des institutions qui, animées, dirigées et conduites par des citoyens acquis aux valeurs humaines, à l’éthique comme dynamiques et éclairages de la vie et des activités dans la société, assurent le triomphe du Bien commun, de l’Intérêt Général, du sens du Sentiment National ouvert sur la cause de la dignité humaine sans considération des frontières et, au bout, empêchant la domination d’un individu qu’il soit égoïste ou généreux. Le nombre dans la culture du dialogue démocratique et républicain tempère.

Les observations à partir des actions menées dans la société à divers titres nous ont conduit à élaborer la Loi de l’Ethique qui apparaît et, dans le Manifeste de la Nouvelle Ethique et dans le Nouveau Contrat Social, et dans le Contrat Républicain. Ces deux derniers ouvrages qui sont publiés par les Editions L‘Harmattan sont des sources où puiser pour les enseignements et l’éducation pour asseoir et affermir la République et la démocratie. La Loi de l’Ethique : « Connaît des progrès continus, la Société dont les membres partagent les valeurs humaines et l’éthique comme fondements de leur vie et de leurs activités comme individus et institutions et puis les cultivent comme éclairages et dynamiques », « Stagne, la société où valeurs et éthique sont reconnues sans plus et périclite et disparaît, celle où les valeurs humaines et l’éthique sont bafouées, méconnues »

Tout ce qui s’est passé avant , pendant et après l’élection présidentielle du 9 Octobre vient sonner l’alarme, nous disant que ce que nous avions évité en 1991, peut nous arriver encore et que, plus que jamais il faut s’employer pour asseoir les Equipes Républicaines et Démocratiques, pour la culture des traditions qui humanisent, qui responsabilisent, qui mettent l’intérêt général en avant, le sens de la chose publique, du sentiment national ouvert vers l’Afrique, vers une société toujours plus humaine, vers l’affirmation de notre commune humanité dans une société internationale qui va se dépasser pour laisser la place à une société humaine gérant et encourageant, sans considération des frontières quelles qu’elles soient, les riches diversités humaines qui fleurissent dans les différentes régions du monde avec des charmes variant et connaissant aussi des situations de grand bonheur ou des malheurs dont les êtres humains sont souvent à l’origine et puis, ne l’oublions pas, tout ce que les êtres humains ne contrôlent pas à savoir des catastrophes naturelles qui nous interpellent en nous rappelant notre commun environnement à préserver par des actes positifs de tous le jours et, de ce fait, profondément dans le sens de l’essence noble de l’être humain.

Aussi, dans la dynamique de ce serment prêté le 13 Novembre 1991, nous le renouvelons en ce Dimanche 13 Novembre 2011, 20 (vingt) années après : Poser des actes positifs, développer des recherches sur les valeurs et l’éthique, dispenser des enseignements, éduquer pour asseoir des citoyens responsables, des républicains, des démocrates, avoir partout sur le terrain des équipes républicaines et démocratiques. En puisant des  enseignements partout où l’on peut en trouver de constructif et, entre autres dans le Nouveau Contrat Social et le Contrat Républicain, voilà ce à quoi nous appellent impérativement la Dignité Humaine, le vrai, le bien, l’esthétique et l’éthique.

Dr Adamou NDAM NJOYA

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