APPEL CITOYEN, RÉPUBLICAIN, PATRIOTE, DÉMOCRATE :

  • POUR LE SCRUTIN MAJORITAIRE A DEUX TOURS AUX ELECTIONS NATIONALES, PRÉSIDENTIELLES ET LÉGISLATIVES
  • POUR LA LIMITATION DE LA DURÉE ET DU NOMBRE DES MANDATS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
  • POUR ORGANISER LES ELECTIONS EN AFRIQUE SUR LA BASE DES CONSTITUTIONS ET DES LOIS METTANT FIN :
  • A LA CULTURE DE LA CONFISCATION DU POUVOIR, CETTE POMME DE DISCORDE NUISIBLE A LA DYNAMIQUE NATIONALE,
  • AUX DIVISIONS STÉRILES, AUX LUTTES FRATRICIDES DESTRUCTRICES DES VIES HUMAINES, DES PATRIMOINES ET DE L’ÂME NATIONALE

ANTICIPER POUR ÉTOUFFER LE VOLCAN POLITIQUE QUI COUVE SOUS L’ILLUSION DE PAIX.

Aura été une grande révolution et un grand acquis l’avènement, en matière électorale, s’agissant des Présidents de la République ou des  Chefs de l’Exécutif, du Scrutin Majoritaire à deux tours, de la limitation de la durée et du nombre de mandats. Dans le lent processus pacifique ou violent qui y a conduit, est né un acquis pour les être humains connaissant ainsi un progrès considérable dans l’organisation de leur vie grâce à des règles du jeu démocratique permettant d’atténuer considérablement les confrontations stériles et les déchirements entre les fils et les filles d’un même pays aboutissant souvent à des violences dégradantes, traumatisantes pour l’être humain, destructrices des patrimoines, voire des plus meurtrières. Des exemples nous viennent de nombreux pays comme tout récemment et des plus actuels avec le  Gabon au sortir de  l’élection Présidentielle du mois d’Août 2016; tout est devenu sombre et des cicatrices sont nées dans ce pays qui offrait au monde un visage radieux d’unité et d’harmonie. Hier Etat médiateur, aujourd’hui, il doit accepter des médiateurs.

L’absence de scrutin majoritaire à deux tours donne l’exemple de profondes ruptures de l’unité et des violences qui sont nées dans ce pays voisin et frère… Par contre, là où il y a eu le scrutin majoritaire à deux tours a régné la sérénité comme lors de l’élection présidentielle en RCA en pleine guerre civile qui a éclaté parce que, justement, les règles du jeu démocratique faisaient défaut. On y passera de la dictature dans la République à l’éphémère Empire créé par un mégalomane se prenant pour Napoléon… accepté par la communauté internationale et puis de coup d’Etat à coup d’Etat suite aux dictatures, la leçon est tirée après la transition d’apaisement où une grande Dame aura été le Président de la République… Il y a les exemples de bien de pays africains qui, après des moments difficiles sont installés dans les élections au scrutin majoritaire à deux tours, ce qui aboutit à la sérénité et à l’harmonie permettant  la mobilisation des populations, au sortir des élections, pour construire le pays c’est-à-dire le bonheur où chaque personne se sent partenaire partie prenante.

Il y a là des leçons où puiser en taisant les orgueils qui sont source des destructions de l’âme et de chaque personne citoyenne et de toute la nation.

LE CONTEXTE DES RÉVOLUTIONS TECHNIQUES OUVRENT LES VOIES DE CONSTRUCTION ET DE DESTRUCTION DONC A GÉRER.

La maturité des populations, les nouvelles voies de communication, d’information éveillant les consciences  ne laissent plus la voie au jeu que construisaient les partis uniques conduisant aux élections à un tour sources de contestations, des réactions violentes. On n’est plus à l’abri avec les jeunes générations et les dures conditions de vie qui veulent transparence, objectivité dans toutes les entreprises dans la société. On doit dialoguer, partager et les idées et les pensées pour être et agir ensemble.

C’est ainsi que l’on donnera tout son sens à la Cité, c’est-à-dire à l’Etat dont le But, en Politique, est de rendre heureux et vertueux les citoyens par la domination des lois. Les lois qui prennent leur origine et ont toute leur force d’application à partir des élections : élections du corps législatif et du Président de la République qui met en place l’Exécutif et toutes les institutions de l’Etat Républicain. Nous devons comprendre profondément et définitivement pour y veiller que l’élection du Chef de l’Etat et l’élection des membres du Parlement ne doivent pas, en aucun cas, souffrir. Et il en sera ainsi grâce au scrutin majoritaire à deux tours pour les élections nationales : celles  du Président de la République et celles des Assemblées parlementaires.

DES CONFRONTATIONS POSITIVES AU PREMIER TOUR A LA SÉRÉNITÉ CONSTRUCTIVE RESPONSABILISANT AU DEUXIEME TOUR

Le premier tour n’exclue personne qui remplit les conditions prévues par la loi ; puis, avec la campagne, viennent tous les déballages pour les projets de société, les joutes oratoires laissant la place après le vote et les choix des citoyens à la sérénité du deuxième tour : ainsi les deux partis présélectionnés par les électeurs qui leur donnent aussi une mission obligatoire à accomplir pour revenir à eux en vue du choix définitif :  chaque candidat ainsi investi, avec sa formation politique doit dialoguer, entrer pourparlers avec les formations politiques qui n’ont pas passé le cap du premier tour. Il s’installe ainsi les forts moments de l’indispensable rapprochement, des négociations mettant sur la table les programmes, les projets à réaliser, permettant ainsi de tenir compte des différentes aspirations des populations. Ce qui contribue à réduire les sources des tensions qui sont latentes quand un parti, s’imposant, refuse le partage des pouvoirs ; c’est ainsi qu’il sera mis fin à l’arrogance des individus, que sera fermée la voie à la dictature des partis politiques. Ainsi les grands courants vont se retrouver, conjuguant les idées, les projets et programmes dans le respect du peuple souverain.

LA LIMITATION ET DE LA DURÉE ET DU NOMBRE DES MANDATS : RÉALITÉ AILLEURS ET A CONQUÉRIR CHEZ NOUS : UN GRAND ACQUIS RÉPUBLICAIN DÉMOCRATE QUI S’IMPOSE AUJOURD’HUI.

Pour anéantir toutes les sources fortes des violences incontrôlables, le scrutin majoritaire à deux tours va de pair avec la limitation et de la durée et du nombre des mandats. Pour ce qui est du Cameroun par exemple dans la logique des résultats atteints à la Tripartite en 1991  Cinq « 5 » ans pour la durée et deux « 2 » au maximum pour le nombre des mandats.

Il y a là un acquis républicain et démocrate dans le long processus connu par l’évolution, normale ou sous les coups de la violence, des règles du jeu politique s’agissant des élections. C’est ainsi que seront, réduites et éliminées les violences brutales lorsque les citoyens n’ont plus d’autres issues face aux confiscations des pouvoirs et des autorités et des institutions  étatiques par un groupe, une famille politiques ou autres.

Avec cet acquis républicain et démocrate sera encouragée et exaltée la compétition pour construire, pour réaliser ce qu’il y a de meilleur et en harmonie non seulement avec les aspirations des populations sur le plan interne mais aussi avec des réalités des mutations et de la solidarité tant sur le plan interne des Etats  que sur le plan international.

AVEC LA PAIX ET L’HARMONIE INSTAURÉES NUL BESOIN D’EN APPELER A LA SOUVERAINTE POUR SE PROTÉGER, SE PRÉVALOIR ET ÉCARTER LES INTERVENTIONS MÉDIATRICES VENANT DE L’EXTÉRIEURE.

Les règles bien conçues mises en place, respectées  et appliquées éloignent, d’une part, des terrains des violences et, d’autre part, de l’invocation de la souveraineté nationale pour empêcher les interventions d’origine extérieure ;  que cette invocation de la souveraineté provienne du pays où se le problème se posant, les tenants du pouvoir veulent maintenir le statu quo ou de ceux, pays et institutions internationales, qui sont sensés intervenir parce que les problèmes des droits humains, de dignité, de vie se posant brutalement, il y a cette nécessité d’agir.

LEÇON DE LA COP 21 : L’ÊTRE HUMAIN MIS AU CENTRE DE TOUT DANS NOTRE UNIQUE ENVIRONNEMENT : FAIRE FRUCTIFIER LE CAPITAL PAIX PAR DES ELECTIONS TRANSPARENTES ET JUSTES.

Que de vies humaines ont disparu, que de souffrances et des destructions  du fait de l’invocation du principe de la souveraineté qui, dans notre village planétaire, notre unique environnement n’a plus de sens. A la Cop 21 à Paris, les peuples ont eu raison et notre commune humanité a triomphé. Le chemin est ainsi montré et ouvert pour mettre l’être humain au centre de tout

Le capital paix, que connaissent de nombreux pays comme c’est le cas pour le Cameroun, nous interpelle profondément pour mettre en place des règles de jeu en matière électorale qui vont éteindre les volcans qui couvent. Il s’agit, là, de nos préoccupations majeures, essentielles et ceux qui se disent amis, ayant des intérêts de leurs pays à défendre avant tout doivent de plus en plus réaliser que ces intérêts vont fructifier davantage dans un pays en paix et où il n’y a pas la culture des méfiances entre les fils et les filles.

LE SALUT, LA PAIX, L’UNITE NATIONALE GARANTIS PAR LE SCRUTIN MAJORITAIRE A DEUX TOURS POUR LES ELECTIONS NATIONALES, LA LIMITATION DE LA DURÉE -CINQ ANS –  ET DU NOMBRE DE MANDATS – DEUX AU MAXIMUM – DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Nous comprenons bien que la priorité des priorités soit de se pencher sur le mode de scrutin dans les pays africains, ce qui appelle, s’agissant du Cameroun, la révision des dispositions de la Constitution entrées en vigueur suite de l’adoption  de la Loi N° 2008/001 du 14 Avril 2008 notamment l’article 6 – alinéas 1 et 2- qui empêchent le scrutin majoritaire à deux tours et la limitation et de la durée du mandat à cinq ans et du nombre de mandats à deux quand un candidat président a encore la faveur des populations électrices. Le Code électoral sera revu en conséquence et, dans la même foulée de détermination pour asseoir la paix et l’harmonie dans notre pays, les textes mettant en place ELECAM seront revus.

Tout cela, sans passion, avec la détermination caractérisant les citoyens républicains, patriotes démocrates que l’histoire a fait des camerounais.

LE CAMEROUN ET LES CAMEROUNAIS ONT EU LEUR CURE DE VIOLENCES AUX DERNIERS JOURS DE LA TUTELLE ET AUX PREMIERS JOURS DE L’INDÉPENDANCE : TIRONS LA LEÇON.

Les leçons que nous fournissent bien des pays africains montrent  que la question électorale demeure la principale source des crises aboutissant aux violences meurtrières, aux destructions des bases de l’unité nationale. Ce qui est préjudiciable au développement, à l’affirmation de l’identité, de la personnalité des jeunes Etats comme le Cameroun et, en conséquence, à la participation à la dynamique de la construction de la société internationale de solidarité.

Il est important, voire, impératif, de s’inscrire dans les mutations sociales, économiques, politiques qui, au monde, ont conduit à la fin du règne des partis uniques sans pour autant éliminer totalement les héritages culturels que développent ceux et celles qui ont détenu le pouvoir durant cette époque révolue. Ce qui en reste aujourd’hui constitue des véritables dangers pour la paix et pour le développement qui exige la mobilisation des citoyens en confiance et en harmonie, chaque personne apportant ce qu’elle a de riche, de bien pour tout le monde.

Les Constitutions affirment et organisent et la Démocratie et la République mais des hommes et des femmes qui ont toujours été au pouvoir en font des masques pour continuer avec la confiscation des autorités à toutes les échelles des valeurs de l’Etat. Il y a là, une profonde réalité qu’il faut reconnaître et s’éloigner de la mauvaise lecture de Machiavel que des générations des dictateurs ont imposé au monde.

Cela se fait par la Constitution, les Lois électorales d’application de la Constitution, les règles électorales et les machines et mécanismes bien huilés qui sont mis en place.

Il faut le reconnaître, l’accepter  car il y a là une source du mal qui va s’agrandissant avec les années qui passent et les jeunes générations qui montent dans un monde où la liberté de communication et d’information est assurée par les inventions dans les domaines techniques, technologiques.

En effet les jeunes générations grandissent avec d’autres échelles des valeurs qu’elles veulent faire triompher en s’y employant par tous les moyens dont ceux de la violence quand il n’y a pas de voie pour le dialogue. Nous avons vécu le printemps arabe et la grande montée des réseaux sociaux. Il s’instaure d’autres formes de dialogues à travers les réseaux sociaux mobilisateurs que les Etats ne peuvent pas toujours contrôler. Tout est ainsi plus facile pour tout remettre en cause et créer des déséquilibres là où les citoyens, il y a quelques années, étaient impuissants pour agir! Cela ira croissant car l’Etat n’a plus le monopole de la communication quand bien même des gouvernants au moment des élections coupent leur pays du reste du monde ; faisant cela, ils ne font que différer les dates des violences dont souffriront tout le monde. Les violences qui détruisent ce qui semblait être  des acquis intangibles comme nous le vivons en Afrique avec cet exemple du Gabon qui est de brûlante et de  pleine actualité : le père El hadj Omar  Bongo doit se retourner dans sa tombe…. Essayons de voir ce qui se passe dans la famille francophone avec la Côte d’Ivoire qui a connu une transition difficile avec la division entre les fils et les filles après le Président Houphouet Boigny ; nous pensons aussi à la RCA et la leçon tirée des troubles qui ne finissent mais qui ont inspiré et imposé l’instauration du scrutin majoritaire à deux tours ouvrant, sans aucun doute, une lueur d’espoir de paix; nous pensons aussi aux leçons que nous offrent le Sénégal, le Bénin, le Niger, le  Ghana, le Nigéria tout proche….

Mais nous pensons surtout aux victimes, aux traumatismes aux destructions des vies et des biens quand les envies, les ambitions politiques égoïstes ne peuvent pas être contenues parce qu’il y a la paix selon la lecture des gouvernants du moment. Cela peut paraître beau aujourd’hui, pour le moment qui ne peut que être court parce que cette paix n’a pas de racines profondes. Nous devons comprendre cette situation précaire comme une interpellation, un appel urgent pour rendre profondes les racines de la paix, de l’harmonie dans le pays ; ce qui se fait en comprenant qu’en politique l’Etat a pour but de rendre heureux et vertueux les citoyens par la prééminence des lois. Avec le scrutin majoritaire à deux tours, la limitation de la durée et du nombre des mandats du Chef de l’Exécutif nous mettons en marche les bases garantissant les bonnes lois et les possibilités de revenir sur les textes des lois pour qu’elles soient bonnes parce que républicaines, démocrates élaborées par des citoyens républicains patriotes démocrates mettant au centre de toute entreprise l’Être humain.

Dr Adamou NDAM NJOYA